Mais au moment même où l’argent public se raréfie, la trajectoire de Symbio interroge. Toujours selon Le Monde, la société a annoncé en septembre 2025 un plan de sauvegarde de l’emploi d’une ampleur exceptionnelle : 350 licenciements sur les 510 postes du site de Saint-Fons. D’autres sources, dont Lyon Mag et Connaissance des Énergies, évoquent même 358 suppressions de postes, soit environ 70 % des effectifs, un niveau qualifié de « plan social d’une violence rare » par les représentants du personnel. Cette restructuration intervient à peine trois ans après l’inauguration de la gigafactory, qui devait produire 15 000 systèmes à hydrogène en 2024, puis atteindre 50 000 unités par an d’ici 2026, avec 80 % de la production destinée à Stellantis, coactionnaire de Symbio aux côtés de Michelin et Forvia.
Or, l’été 2025 marque un tournant brutal : Stellantis se retire du projet, estimant ne pas disposer de « perspectives de rentabilité économique à moyen terme » sur un marché de l’hydrogène jugé « segment de niche ». Ce retrait provoque l’effondrement du carnet de commandes et plonge Symbio dans une crise structurelle. Les syndicats soulignent que l’entreprise se retrouve avec une structure de coûts calibrée pour une montée en cadence industrielle qui ne viendra pas, tandis que Stellantis, dans le cadre d’une conciliation, accepte de verser 235 M€ de dédommagement à Michelin et Forvia.
La situation est d’autant plus paradoxale que l’État français avait investi 600 M€ dans le cadre du plan européen de subventions destiné à soutenir la filière hydrogène, comme l’a rappelé la ministre de la Transition énergétique lors de l’inauguration de 2023. Symbio, initialement une start-up fondée en 2010, était devenue un symbole de la transition énergétique française, portée par la promesse d’une technologie propre, d’une autonomie accrue, d’un ravitaillement rapide et d’un système plus léger que les batteries électriques traditionnelles. Mais la réalité industrielle s’est heurtée à un marché encore embryonnaire, à l’absence de commandes fermes et à la fragilité économique d’une filière dépendante de financements publics massifs.
Aujourd’hui, Symbio doit revoir ses plans. Ainsi, le cas Symbio devient ainsi, selon Le Monde, un révélateur des tensions entre ambitions politiques, investissements publics colossaux et réalité économique d’une filière hydrogène encore loin de la maturité industrielle.
La rédaction
Photos : Symbio
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