Le site Stellantis de Poissy entre dans une phase décisive de transformation industrielle, puisque l’usine cessera totalement d’assembler des véhicules d’ici deux ans, au moment où les DS 3 et Opel Mokka actuellement produites atteindront la fin de leur cycle. Les organisations syndicales ont été informées que l’usine ne fermera pas, mais qu’elle réduira fortement son périmètre, passant de 2000 postes aujourd’hui à 1200 en 2030, dont 1000 ouvriers, ce qui signifie que la moitié des emplois actuels sera conservée. Stellantis annonce un investissement de 100 millions d’euros destiné à financer l’achat d’une nouvelle presse d’emboutissage prévue pour fin 2025 et à assurer la formation des salariés engagés dans des parcours de reconversion.

Le « plan 2030 », officialisé aujourd’hui par le département des Yvelines (78), confirme que le site industriel Stellantis de Poissy continuera d’emboutir des pièces d’acier, de les ferrer et de peindre des éléments de carrosserie destinés à d’autres sites du groupe, notamment Hordain dans le Nord, spécialisé dans l’assemblage d’utilitaires légers. Le site produira également des pièces de rechange pour le réseau après‑vente. Une ligne de déconstruction de véhicules sera créée afin de valoriser les pièces de réemploi, un secteur stratégique dans la politique d’économie circulaire du groupe automobile multinational franco-italo-américain. Stellantis prévoit aussi de développer une activité d’aménagement de véhicules pour artisans, flottes professionnelles et grands comptes, ce qui renforce la polyvalence du site dans un contexte où l’assemblage automobile traditionnel n’est plus viable. Le PSG pourrait aussi investir les lieux pour y bâtir sont futur grand stade.

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Cette reconversion du site Stellantis de Poissy s’inscrit dans une trajectoire déjà anticipée par les salariés, qui observaient depuis longtemps un parallèle avec l’évolution du site Renault de Flins, autre pilier industriel francilien réorienté vers l’économie circulaire. Poissy a connu une contraction spectaculaire depuis son apogée, lorsque l’usine employait 27 000 ouvriers en 1976 et produisait 569 000 véhicules par an. En 2023, seuls 1600 ouvriers y ont assemblé 90 000 véhicules. La moyenne d’âge élevée, proche de 56 ans, accélère la réduction des effectifs, Stellantis comptant sur des départs anticipés en retraite pour atteindre les objectifs fixés pour 2030. Pour revenir sur Renault Group, dans un souci de rationalisation, ce sont jusqu’à 2 400 ingénieurs, à l’échelle mondiale, qui vont quitter le constructeur au losange et ses autres marques (Alpine, Dacia).

Dès mai 2025, la direction avait réuni des groupes de travail pour définir les activités possibles après la fin de l’assemblage. En octobre dernier, le représentant CFTC Frédéric Lemayitch déclarait : « Je travaille à Poissy depuis 1992. C’est vrai qu’on a toujours suivi à deux ou trois ans près ce qui se passait à Flins. S’il ne fallait compter que sur l’assemblage, nous ne pourrions pas être sauvés. » Il évoquait alors l’emboutissage pour d’autres sites, la production de pièces et les services comme pistes crédibles, tout en soulignant : « L’inconnu, c’est le nombre de salariés maintenus. Il n’y en aura plus 2000, c’est certain. »

La perspective d’une fermeture totale de l’usine Stellantis de Poissy avait été alimentée par les spéculations autour d’un éventuel futur stade du PSG sur les terrains en friche appartenant à Stellantis. En attendant, le groupe a pourtant choisi une autre stratégie en inaugurant un « Green Campus » destiné à regrouper plus de 10 000 salariés tertiaires auparavant dispersés en Île‑de‑France. Plusieurs bâtiments ont été rénovés ou sont en cours de transformation pour accueillir les collaborateurs dont le télétravail a été réduit. Malgré cette réorganisation, le « plan 2030 » laisse planer des interrogations sur la viabilité à long terme des nouvelles activités industrielles, notamment dans un contexte où la production automobile historique disparaît progressivement.

Enfin, la situation ouvre néanmoins une perspective majeure : Stellantis doit céder une partie de son foncier et le site de Poissy bénéficie d’un emplacement exceptionnel, vaste, connecté, proche de Paris, du « Campus PSG » de Poissy et des grands axes. Cette configuration alimente l’idée que le PSG pourrait construire sur ces terrains son futur stade XXL à l’américaine, un équipement monumental, autonome, moderne, parfaitement aligné avec les ambitions du club et rendu possible par la disponibilité prochaine d’un foncier stratégique que Stellantis s’apprête à libérer. Stellantis compterait céder environ 200 hectares, et le PSG n’en aurait besoin que de 50.

La rédaction

Photos : Stellantis

Frédéric Martin

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