Depuis plusieurs jours, une agitation diffuse mais croissante traverse les réseaux sociaux, où des milliers d’internautes disent vouloir descendre dans la rue pour dénoncer l’envolée continue du prix des carburants. À mesure que les messages se multiplient, certains responsables politiques commencent à afficher ouvertement leur soutien à l’idée d’une mobilisation, laissant planer la possibilité d’un retour d’un mouvement que la France n’a pas oublié, celui des « Gilets Jaunes ».
L’hypothèse d’un réveil du mouvement social des « Gilets Jaunes » ressurgit ainsi dans le débat public, portée par une colère qui s’alimente de la hausse du coût de la vie et, plus particulièrement, de l’augmentation brutale des prix des carburants. Sur les plateformes numériques, des appels à renouer avec l’esprit contestataire de 2018 se propagent à grande vitesse, accompagnés de visuels où s’affichent des slogans tels que « La France en crise. Prix de l’essence : ça suffit ! », « Le retour des Gilets Jaunes va faire mal ! » ou encore « Le retour des Gilets Jaunes face à la montée en puissance du gazoil (sic) et toutes les lois de taxation des Français, la révolte a sonné ! ». Ces messages, relayés massivement, s’accompagnent parfois d’images de manifestants vêtus de gilets fluorescents de sécurité, brandissant un drapeau tricolore, comme pour raviver une iconographie devenue symbole d’un moment de rupture sociale.
— 🇫🇷 🎖Patriote🎖 ⚜️ Jonathan Tirado 🇫🇷✝️ (@Jonatha60007393) September 10, 2026
Certains visuels recensent même des lieux de rassemblement annoncés dans une vingtaine de villes, sans qu’aucune organisation syndicale ou formation politique ne revendique l’initiative. Tout semble indiquer que cet appel s’est structuré de manière spontanée, dans un climat où la colère se cristallise sans véritable chef de file. En 2018 et 2019, à Paris et ailleurs, de très nombreux véhicules ont été incendiés lors des manifestations.

Les discussions en ligne évoquent plusieurs dates possibles pour une grande mobilisation. Sur TikTok, celle qui revient avec le plus d’insistance est le samedi 17 octobre, tandis que le samedi 12 septembre circule également. Interrogée par Le Figaro, la préfecture de police rappelle que « les manifestations sur la voie publique doivent faire l’objet d’une déclaration préalable auprès de la préfecture de police. Elle doit être effectuée entre 15 et 3 jours francs avant la date de ladite manifestation », sans fournir davantage d’éléments sur d’éventuels dépôts de dossiers.
Ces appels interviennent dans un contexte où les prix à la pompe ont bondi sous l’effet, notamment, du conflit au Moyen-Orient. Lors des débuts des actions menées par les « Gilets Jaunes », en 2018, le litre de gazole coûtait environ 1,47 €. Huit ans plus tard, son prix moyen atteint 2,25 €, soit une hausse de 53 %. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a déjà prévenu que l’exécutif n’entendait pas réduire les taxes sur les carburants, affirmant : « Ce n’est pas le choix que nous faisons. »
Dans le champ politique, certaines voix appellent explicitement à une remobilisation. Fabien Roussel, candidat du Parti communiste à la présidentielle 2027, a exhorté les Français à se mobiliser si le gouvernement ne réagit pas rapidement : « Si le gouvernement n’agit pas dans les jours qui viennent, j’appelle les Français à se mobiliser comme nous avons su le faire en 2018 avec les gilets jaunes (…) sur les ronds-points, devant les sous-préfectures, devant les préfectures, devant tous les lieux de pouvoir, devant l’Élysée, devant Matignon. » Du côté du parti « La France insoumise », Mathilde Panot, présidente du groupe à l’Assemblée nationale, a annoncé que les membres de son organisation participeraient « à l’ensemble des mobilisations contre ce gouvernement ».
Enfin, les « Gilets Jaunes » avaient déjà tenté de se rassembler le 10 septembre 2025 autour du mot d’ordre « Bloquons tout ». Selon le ministère de l’Intérieur, environ 175 000 personnes avaient alors participé, tandis que les syndicats avançaient le chiffre de 250 000 manifestants. Dans ce climat où la pression sociale se renforce, la question n’est plus seulement de savoir si un nouveau mouvement émergera, mais à quel moment et avec quelle ampleur. Alors, la colère pourrait de nouveau se matérialiser dans la rue. L’élément déclencheur est bien identifié : les prix des carburants. Et ces derniers pourraient de nouveau augmenter dans les prochains jours.
La rédaction
Photos : LesVoitures.com

