Dans la nuit dense qui enveloppait la vallée de l’Arve, une Porsche 911 GT3 a surgi sur l’A40 comme un projectile lancé hors de toute logique humaine. Quelques heures plus tôt, la route n’était qu’un ruban alpin ordinaire, mais à l’instant où les gendarmes ont vu apparaître sur l’écran de leur cinémomètre le chiffre 312 km/h, tout a basculé. À cette allure, la sportive allemande avalait 87 mètres par seconde, soit plus du double de ce qu’autorise la vitesse réglementaire de 130 km/h, qui correspond à environ 36 mètres par seconde. Le conducteur, un ressortissant étranger, ne roulait plus : il traversait l’autoroute comme un bolide de compétition lancé dans un monde qui n’était pas prévu pour lui.
La scène s’est déroulée dans la nuit du 26 au 27 septembre 2026, au niveau de Vougy. Les militaires de l’Équipe rapide d’intervention (ERI) de la Haute-Savoie (74) et du Peloton motorisé de Bonneville étaient en patrouille lorsqu’ils ont vu débouler une Porsche GT3 en excès de vitesse. Le radar a alors affiché la vitesse de 312 km/h. Après application de la marge technique de 5 %, la vitesse retenue a été fixée à 300 km/h, soit un très grand excès de vitesse de 170 km/h. La formule de la gendarmerie, reprise sur les réseaux sociaux, résume l’ampleur de l’infraction : « 182 km/h : ce n’est pas la vitesse à laquelle cet automobiliste a été contrôlé, c’est l’excès de vitesse constaté. »
Les militaires ont dû engager une interception sur plusieurs kilomètres pour parvenir à stopper la Porsche de cet excès de vitesse. Une fois immobilisé, le conducteur a été immédiatement privé de son permis. La 911 GT3 a été envoyée en fourrière administrative. Avant de repartir à pied, l’automobiliste a dû régler une consignation de 1 500 €, conformément à la procédure applicable aux conducteurs étrangers.
Devant la justice, les sanctions qui l’attendent sont lourdes : jusqu’à 3 d’emprisonnement, 3 750 € d’amende, une interdiction de conduire sur le territoire français et la confiscation définitive de sa Porsche. Depuis la réforme de 2025, tout dépassement supérieur à 50 km/h est automatiquement qualifié de délit, sans nécessité de récidive. Les gendarmes, stupéfaits, ont rappelé que « on n’a jamais vu une vitesse pareille » et que « le radar ne se trompe pas ».
Enfin, l’affaire pourrait toutefois se prolonger sur le terrain technique. Certains observateurs ont déjà souligné les limites d’homologation des cinémomètres laser, théoriquement certifiés jusqu’à 300 km/h en France. Le débat existe sur ce radar, mais les autorités assurent que la mesure est fiable, d’autant que les militaires ont immortalisé l’écran du pistolet laser au moment du contrôle.
La rédaction
Photo : Facebook Gendarmerie de la Haute-Savoie

