Dans un marché intérieur désormais saturé, la quasi‑totalité des constructeurs opérant en Chine, qu’ils soient nationaux ou étrangers, traverse en 2026 une période de contraction sévère, marquée par une chute simultanée de la demande et une intensification de la concurrence. Pour les marques chinoises, l’horizon de croissance se déplace progressivement vers l’Europe, même si le Vieux Continent commence lui aussi à ressentir les effets d’une multiplication rapide des acteurs automobiles. Dans ce contexte, les exportations deviennent un levier vital pour les constructeurs chinois, qui cherchent à compenser la morosité persistante de leur marché domestique. Le mois dernier en Chine, le marché automobile a reculé de 21,6 % pour les VP.

Les données publiées par la CPCA (China Passenger Car Association), équivalent chinois de la Plateforme Automobile (PFA) en France ou de l’ACEA en Europe, confirment la dégradation du marché automobile chinois des derniers mois. Ces chiffres n’ont rien de rassurant pour les constructeurs premium allemands, notamment Audi, BMW et Mercedes‑Benz, dont les performances en Chine se sont nettement affaiblies. Mercedes‑Benz, qui a enregistré un recul notable de ses ventes sur ce marché stratégique, maintient pourtant sa volonté de renforcer sa présence dans un environnement devenu extrêmement compétitif et où les constructeurs occidentaux ne bénéficient plus d’aucune marge d’erreur. L’avenir dira si cette stratégie constitue un pari risqué. De nombreuses marques généralistes ont déjà renoncé à se battre en Chine, tandis que Stellantis tente d’y revenir de manière limitée grâce à son partenaire Dongfeng, sans pour autant réduire sa dépendance structurelle à l’Europe.

La contraction du marché automobile chinois est massive. Comme évoqué en introduction, sur le seul mois d’avril, les immatriculations de véhicules particuliers ont reculé de –21,6 %, selon la CPCA. Le secrétaire général de l’association souligne que la demande pour les motorisations thermiques s’est fortement affaiblie sous l’effet de la hausse des prix des carburants, un phénomène qui rappelle les tendances observées en France et dans plusieurs pays européens. Les hybrides rechargeables (PHEV) subissent également un ralentissement marqué. Les véhicules électrifiés, qu’ils soient 100 % électriques (BEV) ou hybrides rechargeables, représentent désormais un peu plus de 60 % des immatriculations de voitures neuves en Chine, mais cette domination ne suffit plus à compenser la faiblesse générale de la demande.

Le mois d’avril n’a été qu’un premier signal dans un marché automobile chinois qui s’enlise. Les analystes anticipaient initialement une baisse d’environ –6 % pour l’ensemble de l’année 2026, mais les dernières semaines ont conduit à réviser cette prévision à –11 %, soit une contraction équivalente à près de 2,5 millions de véhicules en moins. Cette situation est d’autant plus préoccupante que le nombre de marques automobiles actives en Chine a explosé au cours des cinq dernières années. Plusieurs experts estiment qu’il pourrait n’en rester qu’une dizaine dans la prochaine décennie, tant la consolidation semble inévitable. Certains évoquent même une « destruction » durable de la demande, aggravée par la forte dépendance de la Chine au pétrole iranien, un facteur de vulnérabilité supplémentaire.

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Depuis près de dix ans, le gouvernement chinois encourage publiquement ses constructeurs à se tourner vers l’international, avec à l’origine des incitations financières destinées à accélérer leur expansion. Mais plusieurs marchés se sont refermés. L’Union européenne a relevé ses droits de douane sur les véhicules électriques produits en Chine, tandis que les États‑Unis, sous l’administration Trump, ont instauré des barrières quasi infranchissables pour les véhicules d’origine chinoise.

Enfin, malgré ces obstacles, l’exportation s’impose désormais comme la principale voie de sortie pour les constructeurs chinois. Une donnée illustre cette dynamique : alors que les ventes domestiques ont chuté de plus de 20 % en avril, les exportations ont progressé de +80 %, dont +111 % pour les véhicules hybrides et électriques. La majorité de ces volumes est destinée à l’Europe, devenue l’un des débouchés prioritaires pour les constructeurs chinois en quête de relais de croissance.

La rédaction

Photos : XPeng et BYD

Frédéric Martin
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