Au milieu des années 1980, Citroën se trouve dans une phase où la BX doit évoluer pour rester compétitive dans un marché qui se durcit. La marque décide alors de revoir profondément son modèle phare, et confie cette mission à Carl Olsen. Celui‑ci doit reprendre une silhouette imaginée par Marcello Gandini, exercice délicat tant la ligne originale était marquée par une identité forte. Ce travail de transformation donne naissance à une BX plus affirmée, et c’est dans ce contexte que Citroën introduit une version GTi qui deviendra, avec le recul, l’une des youngtimers les plus singulières de son histoire. Cette déclinaison sportive n’est pas seulement une évolution mécanique, mais une manière pour Citroën d’affirmer une ambition nouvelle dans le domaine des berlines dynamiques.
En termes de design, la Citroën BX GTi se distingue par une présentation extérieure qui renforce son caractère sans basculer dans l’excès. Les antibrouillards intégrés à l’avant, l’aileron arrière, les enjoliveurs spécifiques et les emblèmes GTi répartis sur la carrosserie composent une identité immédiatement reconnaissable. L’habitacle suit la même logique, avec une dotation généreuse et un catalogue d’options étonnamment fourni pour une berline française de cette époque. Cette richesse d’équipement contribue aujourd’hui à son statut de youngtimer complète, appréciée pour son mélange de simplicité mécanique et de confort typiquement Citroën.

Sous le capot, la Citroën BX GTi reprend le 4‑cylindres 1.9 à huit soupapes dérivé de celui de la BX Sport, mais légèrement ramené à 125 ch. Grâce à une masse limitée à 1 025 kg, la voiture revendique un 0 à 100 km/h en 8,9 s et une vitesse maximale de 198 km/h. La suspension hydropneumatique, véritable signature technique de Citroën, est ici durcie pour répondre aux ambitions dynamiques tout en préservant un confort que peu de concurrentes pouvaient offrir. Les quatre freins à disques complètent un ensemble cohérent, qui fait de cette BX GTi une youngtimer particulièrement agréable à conduire aujourd’hui, capable de mêler souplesse, efficacité et ce toucher de route si particulier aux Citroën de l’époque.

En 1988, Citroën décide de franchir un cap supplémentaire en dévoilant la BX GTi 16 Soupapes. Cette version, dotée d’un moteur de 160 ch, réalise le 0 à 100 km/h en 7,9 s et porte la vitesse de pointe à 218 km/h. Elle bénéficie d’un ABS de série et de liaisons au sol retravaillées, ce qui en fait l’une des berlines françaises les plus affûtées de la fin des années 1980. Pour les passionnés, cette 16 Soupapes est devenue une youngtimer emblématique, rare, performante et représentative de l’audace technique de Citroën à cette époque.

À partir de 1989, la Citroën BX GTi 8 soupapes est proposée avec une transmission intégrale, une configuration inattendue qui renforce encore son statut de youngtimer atypique. L’évolution réglementaire va cependant freiner sa carrière. En 1991, l’adaptation à l’essence sans plomb réduit la puissance à 123 ch, puis l’obligation du catalyseur en 1993 met un terme définitif à la BX GTi. Aucun modèle Citroën ne reprend directement le flambeau. La Xsara VTS 167 ch, héritière de la ZX Volcane, peut être considérée comme la descendante la plus proche, tandis que la Xantia V6 194 ch s’oriente davantage vers le grand tourisme que vers l’esprit GTi.

Enfin, longtemps sous‑estimée, la Citroën BX et plus encore ses versions GTi connaissent aujourd’hui un regain d’intérêt marqué. Son style signé Gandini, sa technique singulière, ses performances honnêtes et son statut de dernière berline Citroën à porter le badge GTi en font une youngtimer désormais recherchée par les collectionneurs, symbole d’une époque où la marque osait encore des propositions audacieuses et parfois déroutantes.
La rédaction
Photos : Citroën

