Le premier contact entre l’Hypercar Ford et l’asphalte n’a jamais été une improvisation. Derrière ces quelques centaines de kilomètres inauguraux se trouvent des mois de mise au point méthodique, d’essais sur banc, de sessions intensives au simulateur et de procédures calibrées pour que chaque composant soit prêt à affronter la réalité. Pour Ford Racing, la marche vers la 95e édition des 24 Heures du Mans, programmée du 9 au 13 juin 2027, vient seulement de devenir visible.
À première vue, voir une Hypercar sortir de son box, entendre son moteur grimper dans les tours, observer 6 pilotes réunis autour d’un même programme et comptabiliser plus de 1 000 kilomètres en 3 jours sur le circuit Paul Ricard pourrait laisser croire à un commencement. En vérité, ce roulage n’est que la partie émergée d’un travail souterrain mené pendant des mois. Avant même que la voiture ne touche la piste, Ford Racing avait déjà éprouvé son groupe motopropulseur sur banc à Dearborn, accumulé des heures de simulation et structuré chaque étape pour que la machine soit immédiatement exploitable. Ce premier roulage n’est donc pas l’ouverture du récit, mais son premier chapitre public, celui qui annonce l’entrée de Ford dans la préparation de son retour en Championnat du monde d’endurance FIA WEC et aux 24 Heures du Mans, en 2027.
New footage from Ford’s Hypercar test at Paul Ricard ❗️🇺🇸
@FordRacing’s all-new Hypercar, powered by a 5.4-litre Coyote-based V8, is officially on track! 🏁 The car covered more than 1,000km across three days of testing as the road to its 2027 FIA WEC debut continues.Raw and… pic.twitter.com/iamXogyraZ
— FIA World Endurance Championship (@FIAWEC) August 26, 2026
L’Hypercar Ford de type LMDh existait déjà bien avant son apparition au Paul Ricard. Son cœur mécanique, un V8 atmosphérique de 5,4 l conçu en interne, avait rugi pour la première fois en France quelques semaines plus tôt. Ford avait également avancé sur l’intégration du groupe motopropulseur avec Oreca, partenaire chargé du châssis, tout en consolidant son programme sportif en vue de son arrivée officielle en 2027.

Le Paul Ricard a servi de révélateur. Les ingénieurs ont enfin pu confronter leurs simulations à la réalité, les pilotes ont commencé à appréhender le comportement de l’Hypercar Ford et l’équipe a vérifié que l’ensemble des éléments fonctionnait comme un système cohérent. Pour un programme entièrement nouveau, cette capacité à convertir immédiatement les kilomètres en enseignements est vitale. Logan Sargeant, l’un des 6 pilotes mobilisés, le résume avec lucidité : « Quand on lance un nouveau programme, cela prend toujours du temps : il faut comprendre comment toutes les pièces s’assemblent, et nous sommes encore en train de travailler là‑dessus. Cela dit, nous avons vraiment démarré sur les chapeaux de roue. »

Cette sensation n’a rien d’un hasard. Sargeant insiste sur les heures déjà accumulées au simulateur, qui ont offert à Ford une « énorme longueur d’avance » avant même que la voiture ne roule. « Maintenant, il s’agit de faire en sorte que tout fonctionne parfaitement ensemble, et c’est notre prochaine étape », poursuit-il. C’est précisément là que les premiers kilomètres prennent toute leur valeur. Une donnée enregistrée en piste peut contredire une simulation. Chaque tour devient une pièce d’un puzzle gigantesque que Ford doit assembler sans erreur.

Les 6 pilotes du programme Ford pour le FIA WEC et les 24 Heures du Mans étaient présents au circuit Paul Ricard. Sebastian Priaulx, Mike Rockenfeller et Logan Sargeant, déjà annoncés pour le développement, ont travaillé aux côtés des autres pilotes impliqués dans la montée en puissance du projet. Mark Rushbrook, directeur mondial de Ford Racing, résume l’esprit du moment : « Le fait que nos six pilotes soient présents, travaillent ensemble et fassent avancer ce programme en dit long sur l’esprit que nous sommes en train de construire chez Ford Racing. »

Enfin, Ford ne vise pas simplement à aligner deux Hypercars en 2027. Le constructeur américain revient au sommet de l’endurance avec l’ambition de renouer avec la victoire au classement général des 24 Heures du Mans, un succès qu’il a déjà décroché à quatre reprises, entre 1966 et 1969. Entre la légendaire Ford GT40 et cette nouvelle Hypercar, un monde technologique s’est écoulé.
La rédaction
Photos : Ford Racing

