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Infiniti Q60 S : puissance et sensualité agressive, essai…

 
 
    Publié le 19 août 2017

Dévoilé à Detroit à l’occasion du NAIAS 2016, le coupé Q60 a ensuite traversé l’Atlantique pour s’exposer à Genève, là où trônent régulièrement les coupés allemands. La jeune marque premium Nissan souhaite jouer dans la cour des grands avec le Q60. Pour atteindre cet objectif, le constructeur japonais a élaboré un nouveau V6 qui accompagne un design novateur. Voici notre essai du Q60 S… « S » comme Sport et « S » comme style.

Pour commencer, remontons rapidement le temps pour comprendre le positionnement du Q60 S… Un certain Sebastian Vettel en était son ambassadeur. On évoque bien sûr l’Infiniti Q50 Eau Rouge au V6 3.8 l biturbo de plus de 550 ch repris à la Nissan GT-R. Produit d’image indispensable à un constructeur automobile, ce projet a été abandonné en 2015. La Q60 S 3.0 t et sa future déclinaison à très hautes performances, sur laquelle nous reviendrons, marquent la véritable et première offensive d’Infiniti sur le segment des coupés et des sportives. Cette distinction est importante comme vous allez pouvoir le constater.

«  L’élégance au service de la puissance », telle est la devise d’Infiniti. Esthétiquement, et nous ne cesserons jamais de le rappeler, Infiniti a le don de « faire différent » et de commercialiser des versions de série très proches des concept-cars. Ce leitmotiv s’exprime de nouveau sur le Q60 dont le design fait dans la continuité du Q60 Concept (2015 – à voir ici). L’hôtel du Château de Villiers-le-Mahieu offre à notre « beauté automobile du jour » un formidable écrin de pierres et de verdure.

Le vice-président du design d’Infiniti, Alfonso Albaisa, et ses équipes, créent des voitures racées, aux courbes sensuelles et élégantes auxquelles s’ajoute une savante dose d’agressivité. Le Q60 S ne déroge pas à cette règle surtout dans sa livrée Dynamic Sunstone Red.

A l’avant, on retrouve ce rendu « aquatique » d’une fluidité absolue. Les optiques à LED acérées, savamment intégrées, ne font qu’un avec les galbes des ailes. Ces dernières se prolongent vers le bas jusqu’aux extrémités agressives du bouclier. Le capot plongeant profite également d’une « structure musclée » en ses bords. Au centre de la calandre trône le mont Fuji et son ciel qui l’entoure à l’infini.

De profil, l’équilibre visuel du long coupé de 4,685 m s’étire vers l’arrière avec homogénéité. Les petites vitres de custodes font apparaître une ondulation chromée chère à Infiniti. Du chrome, on en retrouve au niveau des extracteurs d’air situés sur les ailes avant. Quasiment similaire à la version 2.0 l turbo de 211 ch, le puissant pedigree de notre Q60 Red Sport, son autre dénomination, se révèle au travers des petits appendices noires que l’on peut apercevoir en bas des passages de roues, sans oublier les jantes 19″ Dark Chrome.

Quant à l’arrière du Q60 S, son dessin est simple mais ne manque pas de caractère. On aurait néanmoins apprécié des feux à la personnalité aussi « méchante » que celle des optiques avant, avec plus de relief et de profondeur.

Passons à l’intérieur du coupé. Sur ce point, les coupés allemands représentent la référence incontestée du marché, même si l’on peut toujours leur reprocher trop d’austérité. L’habitacle du Q60 reprend la majorité de ses éléments à la berline Q50, notamment en ce qui concerne l’imposante console centrale. La fibre de carbone aux reflets violets nous a particulièrement séduits. Pour le reste, on observe immédiatement une montée en gamme indéniable : sellerie cuir à surpiqûres, contre-portes et habillage de la planche de bord également en cuir. Les sièges enveloppants, à réglage électrique (finition Sport Tech), permettent de trouver sa position de conduite idéale.

Il ne manque qu’une console centrale, un écran tactile et des boutons plus dans l’ère du temps pour offrir un habitacle aussi novateur que les lignes extérieures du coupé. Une instrumentation digitale serait également la bienvenue. Précisons que le volant du Q60 est repris de la Nissan GT-R. La transition est toute trouvée pour attaquer notre essai du coupé motorisé par le nouveau V6.

Alors que le 4-cylindres 2.0 l turbo du Q60 de 211 ch est issu de la banque d’organe Mercedes-Benz (accord Daimler avec l’Alliance Renault-Nissan), le V6 3.0 l biturbo du Q60 S 3.0 t au code VR30DDTT fait partie de la « famille GT-R » car il peut être décliné en cylindrée de 3.8 l. Le bloc de notre Q60 S est ainsi très léger et compact. D’un poids de 221 kilos, les deux turbos inclus, il a été optimisé à tous les niveaux : traitement des pistons pour minimiser les frottements, pompes de l’intercooler réduites, etc… La suralimentation des turbos est caractérisée par une vitesse de rotation très élevée, 220 000 tr/mn et jusqu’à 240 000 tr/mn en pression maximale. La boîte de vitesses à 7 rapports est en revanche bien une technologie Mercedes-Benz avec tout ce qui va avec, dont les modes de conduite : Standard, Sport, Neige, Eco, Sport, Sport+ et Individuel.

Inutile de vous préciser que c’est directement en mode Sport+ que nous avons pris le volant du superbe coupé. Ses 405 chevaux sont générés à 6 400 tr/min tandis que son couple plus que suffisant de 475 Nm est disponible entre 1 600 et 5 200 tr/min. De quoi emmener le coupé d’un poids de quelques 1 700 kilos. « Emmener » est le terme le plus approprié car le Q60 S est d’abord un coupé au confort parfait avant d’être une voiture sportive. Ainsi et même en Sport+, l’amortissement est paramétré pour tout absorber. Ajoutez à cela une sonorité trop discrète et donc frustrante, qui vient essentiellement de l’avant, et non de la double sortie d’échappement, et vous obtiendrez une voiture polyvalente au confort de haut niveau. Malgré cet aspect aseptisé, la montée dans les tours est impressionnante.

Fort heureusement, à l’approche de la zone rouge, cela s’emballe donc avec allégresse pour atteindre des vitesses illégales avec une facilité déconcertante. Palettes en main, la boîte remplit son rôle sans être ultra-rapide. Du côté des performances, le Q60 S 3.0 t abat le 0 à 100 km/h en 5,0 s et peut atteindre 250 km/h. Exclusivement commercialisé en AWD (transmission intégrale), le coupé S offre une tenue de route de haut niveau. Avec un bruit de vraie sportive, un châssis réglé plus ferme, et une boîte de dernière génération, le coupé Infiniti serait sans nul doute sensationnel en termes de ressenti, au volant et à l’attaque. Le freinage, quant à lui, est très efficace : sans fausse note, on peut taper fort dans les freins ou jouer avec eux avec plus de souplesse (disques ventilés – 4 pistons 355 mm à l’avant – 2 pistons 350 mm à l’arrière).

Venons-en à la direction révolutionnaire Infiniti, la DAS (Direct Adaptive Steering). Sur ce Q60 S,elle est de seconde génération. De multiples capteurs et dispositifs électriques et électroniques en font la plus avancée en la matière. Elle est, de nouveau, synonyme de confort de conduite et chacun pourra la régler selon ses envies. Sur route, elle est très précise sans être, excusez la répétition, sportive. Comparativement à la 1ère génération de cette direction « Steer-by-Wire », que nous avions essayée en 2014 sur la Q50 2.0 l Turbo Sport, les derniers développements offrent plus de réactivité au volant.

Faut-il évoquer les données « écologiques » de ce type de voiture ? Emission de CO2 : 208 g/km soit 10 000  € de malus. Cependant, la bonne surprise est à mettre à l’actif des consommations : annoncées en cycle mixte à 9,1 l/10 km, nous avons à peine dépassé ce chiffre, malgré notre tempérament Sport+ (11,6 l/100 km) !

Avant de conclure et comme promis, revenons sur la distinction évoquée en début d’essai. En effet, ce Q60 S est donc un coupé typé confort/puissant. Il faudra patienter quelques mois pour voir débarquer sa tonitruante et radicale déclinaison. Dévoilé sous forme d’un « show car » au salon de Genève 2017, le Q60 Project Black S Concept (en photo ci-dessous) va passer en phase de commercialisation en petite série. Au-delà de son look sulfureux, il offrira à Infiniti une vitrine technologie enfin sportive, puisque ce coupé sera hybride. En complément du V6 biturbo, il sera greffé d’un système ERS (Energy Recovery System) utilisé en F1. Les 500 ch cumulés risquent fort d’être dépassés !

Affiché à partir de 63 450 €, le magnifique coupé Infiniti Q60 S Sport Tech a presque tout pour plaire. Son style original en fait un coupé unique en son genre. Cette différence saura séduire des acheteurs en recherche de nouveauté sur un segment « très allemand ». Polyvalent et très confortable, il est une puissante routière. Etape par étape, Infiniti séduit, reste à « lâcher les chevaux ». Le Q60 Project Black S Concept, une fois sur les routes, risque de faire peur à la concurrence. La gamme Q60 sera alors complète. Retrouvez d’autres photos de notre essai ci-dessous.

La rédaction

Essai : Frédéric Lagadec

Photos : LesVoitures.com –  Frédéric Lagadec, Gildas Lebrun et Charles Serizay