Le week‑end dernier, nous étions à Monaco avec Citroën Racing, présents sur le Rocher pour vivre l’E‑Prix le plus emblématique du calendrier Formula E. Cette neuvième manche du championnat FIA 100 % électrique offrait à l’équipe française une vitrine idéale pour affirmer son retour au plus haut niveau grâce à deux épreuves organisées en Principauté, le samedi 16 mai, puis le dimanche 17 mai. Pour nous, c’était aussi l’occasion de renouer avec une discipline que nous suivons depuis 2014 et de mesurer à quel point elle a évolué depuis l’arrivée de la nouvelle génération de monoplaces.

Monaco reste un décor unique pour le sport automobile. Depuis 1950, la Formule 1 y écrit son histoire, mais la Formula E y a trouvé un terrain parfaitement adapté à ses monoplaces compactes, agiles et incisives. Dès notre arrivée, l’atmosphère était saisissante. Le tracé de l’E-Prix de Monaco, trop étroit pour les Formule 1 modernes, devient un théâtre naturel pour les monoplaces électriques, capables d’exploiter chaque mètre du circuit. Ici, la Formula E n’est pas une alternative : elle est à sa place.

La Gen3 Evo, introduite la saison dernière, a confirmé cette impression. Plus légère, plus réactive, elle développe 350 kW/476 ch de puissance avec le mode Attack. Avec ce même mode, le double moteur avant et arrière transforme la motricité et la précision en virage. Le freinage intégralement régénératif, sans hydraulique arrière, est désormais parfaitement maîtrisé. Sur un tracé comme celui de l’E-Prix de Monaco, la différence est spectaculaire. Les vitesses de passage, la stabilité en appui et la capacité à relancer donnent à la discipline une intensité que les générations précédentes n’avaient jamais atteinte.

Formula E E-prix de Monaco 2026 Citroën Racing

Précisons que la Formula E impose désormais une super‑charge obligatoire de 30 s, réalisée en course, qui permet d’activer un niveau d’énergie supérieur pour la seconde partie de l’épreuve. Cette recharge rapide, effectuée sous contrôle strict de la FIA, garantit que toutes les équipes utilisent la même fenêtre stratégique. Elle complète le mode Attack, qui oblige les pilotes à sortir de la trajectoire idéale pour activer une puissance temporairement augmentée. L’ensemble crée un jeu tactique unique, où la gestion de l’énergie, le placement en piste et le timing deviennent aussi importants que la vitesse pure.

Mais, la Formula E regarde déjà plus loin avec la Gen4, dévoilée en avant‑première à Monaco et pensée comme la plus grande rupture technologique de l’histoire de la Formula E. Capable d’atteindre 335 km/h, d’accélérer de 0 à 200 km/h en 4,4 s et de délivrer jusqu’à 600 kW/816 ch en mode Attack, cette nouvelle génération marque un saut spectaculaire en performance. C’est également la première monoplace de l’histoire du sport automobile à disposer d’une transmission intégrale permanente, et la première voiture 100 % recyclable ou réutilisable, certifiée B Corp, un symbole fort de l’engagement environnemental de la discipline.

Formula E E-prix de Monaco 2026 Citroën Racing

Le développement de la Gen4 a été assuré par James Rossiter, pilote de développement officiel, qui a affiné la machine avant sa première apparition publique. Son travail a permis de valider les fondations techniques d’une monoplace qui sera engagée dès la saison 2026/2027 de la Formula E par les constructeurs et équipes majeurs du championnat : Porsche, Jaguar, Nissan, Stellantis (Opel et Citroën), Mahindra et Lola Cars. La démonstration dynamique à Monaco, réalisée par David Coulthard, a confirmé que la Gen4 s’apprête à redéfinir les standards de la Formula E.

L’E-Prix de Monaco 2026 a aussi été marqué par la présence de DS Automobiles pour la dernière fois, acteur historique de la Formula E depuis la Gen2 et multiple champion de la discipline. La marque premium de Stellantis vit sa dernière saison en FE avant de céder sa place à Opel, décision stratégique du groupe visant à repositionner ses marques électriques et à renforcer la cohérence de son portefeuille sportif. DS Automobiles quittera la discipline avec un héritage solide, une image technologique forte et une contribution majeure à l’évolution de la FE. Opel prendra le relais dès la saison prochaine, avec l’ambition d’incarner la nouvelle vitrine électrique du groupe.

Formula E E-prix de Monaco 2026 Citroën Racing

Le paddock de l’E-Prix de Monaco était particulièrement animé. Doriane Pin, pilote de développement Citroën Racing et figure montante du sport automobile français, était présente tout le week‑end, multipliant les échanges avec les ingénieurs et les invités.

Nick Cassidy est venu nous saluer dans le garage, moment apprécié et très commenté. De nombreuses personnalités du sport auto étaient également sur place, notamment Carlos Sainz, Christian Horner, Nico Hülkenberg, Lando Norris et Flavio Briatore.

Sur la piste, le spectacle a été total lors des deux courses de l’E-Prix de Monaco 2026. Samedi, la première épreuve a été remportée par Nyck de Vries (Mahindra), devant Mitch Evans (Jaguar) et Pepe Martí (Cupra), au terme d’une épreuve chaotique conclue derrière la voiture de sécurité.

Formula E E-prix de Monaco 2026 Citroën Racing

Les deux pilotes Citroën Racing ont connu une course contrastée : Nick Cassidy, pilote Citroën Racing, a franchi la ligne en neuvième position, tandis que Jean‑Éric Vergne, qui évolue également en Formula E sous les couleurs Citroën Racing, a terminé seizième, à un tour du vainqueur.

Dimanche, la seconde manche de l’E-Prix de Monaco 2026 a été dominée par Oliver Rowland (Nissan), impérial du premier au dernier tour et vainqueur avec autorité devant Felipe Drugovich (Andretti) et António Félix da Costa (Jaguar). Derrière ce trio, la course a été dense et rythmée, avec un peloton compact où chaque dépassement se payait cher. Pour Citroën Racing, l’épreuve a été plus difficile : Jean‑Éric Vergne a franchi la ligne en seizième position, à près d’une minute du vainqueur, tandis que Nick Cassidy a terminé dix‑huitième après une course passée à gérer l’énergie dans un trafic particulièrement piégeux. Une course du dimanche compliquée pour l’équipe française, qui reste néanmoins concentrée sur sa progression globale dans le championnat.

L’intérêt de Citroën Racing pour la Formula E est évident. La discipline constitue un laboratoire technologique idéal pour une marque française qui veut réaffirmer son identité sportive et son expertise électrique. L’environnement urbain, la proximité avec le public, la densité stratégique des courses et l’exigence énergétique de la FE correspondent parfaitement à la philosophie de Citroën Racing. L’équipe y trouve un terrain d’expression moderne, cohérent et valorisant.

Formula E E-prix de Monaco 2026 Citroën Racing

Enfin, l’E-Prix de Monaco a confirmé que la Formula E est aujourd’hui une compétition mature, spectaculaire et parfaitement légitime. Les tribunes étaient pleines, la pit‑lane animée, les enfants fascinés par ces monoplaces silencieuses mais ultra‑performantes. La discipline a trouvé son rythme, son identité et son public. Avec la Gen4 en approche et l’arrivée d’Opel, l’avenir s’annonce encore plus excitant. Citroën Racing entend bien y jouer un rôle majeur.

Texte : Frédéric Lagadec

Photos : Citroën, Formula E et LesVoitures.com

Frédéric Lagadec
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