Nissan Leaf : Electrique : 1 / Thermique : 0, essai

La révolution électrique est en marche. Tous les constructeurs automobiles y vont de leur annonce et autre présentation de concept-cars, les plus technologiques les uns que les autres, sans compter les modèles déjà disponibles. D’ici 20 ans, les voitures à moteur thermique auront peut-être totalement disparu. La Nissan Leaf est nulle autre que la première voiture électrique grand public. Lancée en 2010, elle fait figure depuis de référence. C’est dans ce contexte hyper-favorable que sa seconde génération débarque.

Oubliez la première Leaf (essai 2015 ici). Celle que vous avez sous les yeux l’envoie directement au musée. Née citadine, la Nissan Leaf est désormais une berline compacte d’une longueur de 4,49 m. Développée sur la même plateforme que sa devancière, la nouvelle Leaf développe un physique qui affirme (enfin) son rang.

A l’avant, la berline électrique en impose en reprenant notamment le style de la Micra et la calandre en « V » chère à Nissan. Les feux à LED de notre version Tekna et la signature lumineuse en boomerang ajoutent une forte dose technologique au caractère de cette automobile pas comme les autres.

La nouvelle Nissan Leaf est aussi visuellement très tranchante à l’image de son bouclier très agressif qui annonce un profil homogène et bien travaillé. Les designers japonais ont réussi à conserver un Cx de très haut niveau (0,28) tout en dessinant des flancs modernes aux codes visuels très actuels. Le toit « flottant » en est le parfait exemple.

L’arrière de la Leaf est également très attractif grâce à ce traitement biton mais surtout grâce à des éléments proéminents tels que le bouclier et des feux surdimensionnés qui assoient et dynamisent la silhouette globale de l’auto. Nissan a même doté la Leaf d’un diffuseur arrière digne d’une sportive.

A l’intérieur, c’est également un bond en avant remarquable. Des accoudoirs à la planche de bord en passant par la sellerie cuir/Alcantara (de série sur la finition Tekna), la qualité des matériaux est enfin au rendez-vous. L’assemblage des éléments ne souffre d’aucun défaut malgré le fait que Nissan a fait le pari de les multiplier : cuir, plastiques durs, plastiques mous, aluminium, rendu chrome, etc… On remarque néanmoins la présence de plastiques noirs laqués qui, à l’usage, pourraient vieillir prématurément. Autre petit défaut, l’instrumentation qui fait apparaître à gauche un affichage digital très sérieux et à droite un compteur de vitesse trop classique.

Mais à la liste des nombreuses satisfactions relevées, on peut rajouter un nouveau volant. Très ergonomique, il tient parfaitement en main. C’est pourtant un simple bouton qui, une fois enclenché, va révéler une invention de génie; celui de l’ePedal, teaser… En matière d’équipements et d’aides à la conduite, la Nissan Leaf a clairement tout d’une grande surtout qu’elle accueille  la technologie ProPilot : un nouveau « pas de géant » vers la conduite autonome.

Quant à l’espace de vie à bord, il est largement suffisant. Seul bémol, les grands gabarits seront un peu à l’étroit à l’arrière, la faute à la présence des batteries sous le plancher qui surélève la banquette. La Nissan Leaf est désormais une vraie  compacte familiale, insistons sur cet excellent point. Son volume de chargement est supérieur à celui du SUV Nissan : 435 l pour la Leaf contre 430 pour le Qashqai ! Une fois la découverte de cet habitacle effectuée, nous étions impatients de faire démarrer la Leaf. A cet instant, la compacte électrique était loin de révéler toutes ses surprises.

C’est dans un silence de cathédrale que les premiers kilomètres défilent. Nous tendons alors l’oreille pour une simple et bonne raison… Le propre des voitures électriques est, hélas, en général, leurs bruits parasites. Ces derniers sont générés pas les mouvements de caisses, de suspensions, etc… Sur une automobile essence ou diesel, ces petites nuisances sonores  sont imperceptibles car couvertes intrinsèquement par le bruit du moteur.

Miracle ! La Leaf est hyper-silencieuse, preuve, une nouvelle fois du sérieux de son développement. Aucun « bruit bizarre » ne parvient à nos oreilles ! Bravo Nissan. Au volant de la Leaf, c’est d’abord une douceur de conduite rare qui se fait ressentir. Le couple de 320 nm disponible instantanément ajoute un agrément de conduite tout aussi rare. Sur les hauteurs de l’Esterel à un rythme plutôt élevé, la compacte nous a bluffés à tous les niveaux !

Agile, dynamique, elle assure un agrément de conduite de très haut niveau. Saine, elle vire à plat et…(attention : les fervents détracteurs des voitures à moteur thermique vont hurler en lisant ce qui suit) c’est un réel plaisir de l’emmener sur ces routes vallonnées aux nombreux virages serrés.

Parfaitement équilibrée malgré ses 1 505 kilos (à vide), la Leaf colle à la route. De quoi nous donner des envies d’évasion ! Nous avons ainsi osé faire du off-road en Nissan Leaf sur les quelques kilomètres vers le lac d’Avellan ! C’est d’ailleurs peut-être les premières photos d’une « zéro émission » sur une piste que nous vous proposons.

A Cannes, notre Leaf écologique a défié l’écrasant Dodge RAM V8 5.7 l HEMI. Les voitures électriques ne respectent vraiment plus rien (humour).

Le retour sur le bitume est l’occasion d’évoquer la Leaf en chiffres. Elle développe 110 kW, soit l’équivalent de 150 ch entre 3 283 tr/min et 9 795 tr/min, soyons précis. Cette puissance, largement suffisante, accompagne une autonomie de 378 km (cycle NEDC). En pratique, ce sont plus de 250 km sans passer par la prise électrique qui offrent une plage d’utilisation sérieuse à cette étonnante voiture grâce à sa batterie d’une capacité de 40 kWh. Pour être encore plus précis, le nouveau cycle d’homologation WLTP, plus proche du réel donne la Leaf pour 270 km d’autonomie. En ce qui concerne les temps de charge, ils sont de 7 heures avec une prise murale (Wallbox 32 A) et de 21 heures sur une prise de courant standard (220 v). En termes de performances, la Nissan Leaf réalise le 0 à 100 km/h en 7,9 s pour une vitesse maximale de 144 km/h.

Vous n’avez rien remarqué ? Nous n’avons pas détaillé le freinage de la Leaf. Nissan fait très fort car il est possible, aussi incroyable que cela puisse paraître, de conduire la Leaf avec une seule pédale. Baptisée ePedal, cette innovation technologique est si intuitive qu’il ne nous a fallu qu’environ 10 minutes pour s’y habituer et surtout l’apprécier. Une fois le mode ePedal en fonction, il suffit de relâcher la pédale d’accélérateur doucement pour freiner la voiture. Pour s’arrêter, à l’approche d’un stop par exemple, il faut tout simplement retirer complètement le pied de la pédale. Bien sûr, en cas d’urgence, l’utilisation de la pédale de frein classique est vivement conseillée. Nissan annonce que la Leaf peut se conduire en « mode ePedal » à hauteur de 90% du temps ! C’est exact, l’essayer c’est l’adopter ! Ce système provoque naturellement à l’usage une conduite coulée, souple, on adore ! De plus, il intègre un dispositif de recharge de la batterie dans les phases de ralentissement.

En conclusion, la nouvelle Nissan Leaf est la surprise automobile de ce début d’année. Son design séduisant, son autonomie importante, son agrément de conduite remarquable et l’ePedal ont font une très sérieuse proposition pour ceux qui réfléchissent à sauter le pas vers l’électrique. La Nissan Leaf s’affiche à 38 900 € auxquels il faut déduire 6 000 € de bonus écologique. Il ne reste plus qu’à créer un réseau de bornes de recharges conséquent en France pour que la voiture électrique marque une autre point face à la voiture thermique. Bientôt Electrique : 2 / Thermique : 0…

Texte et essai : Frédéric Lagadec

Photos : LesVoitures.com et Nissan