À compter du 1er janvier 2027, un changement majeur interviendra dans la politique de contrôle routier : les communes, les intercommunalités et même les départements auront désormais la possibilité de financer directement l’installation de radars automatiques, sous réserve d’obtenir l’accord préalable de la préfecture. Cette évolution, qui ouvre la voie à une multiplication potentielle des dispositifs de contrôle, suscite de vives réactions, notamment de la part de l’association « 40 Millions d’automobilistes ». Son délégué général, Pierre Chasseray, interrogé par nos confrères du journal Le Parisien, dénonce une mesure qu’il juge dangereuse et incohérente.

L’intéressé ne cache pas son indignation. Pour lui, l’idée même de confier aux collectivités locales la possibilité de financer des radars automatiques constitue, selon ses propres mots, « du délire ». Pierre Chasseray estime que cette évolution brouille les rôles et crée une confusion préjudiciable entre ceux qui fixent les limitations de vitesse et ceux qui décideraient d’implanter les appareils de contrôle. Il rappelle que « celui qui fixe la limite de vitesse ne peut pas aussi être celui qui décide de poser le radar », soulignant qu’une séparation claire des responsabilités est indispensable pour garantir l’équité et la légitimité des sanctions. Même si la préfecture conserve un droit de regard, il considère que le risque de dérive demeure réel.

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Pierre Chasseray met également en garde contre la tentation de transformer les radars en instruments politiques. Il cite l’exemple du passage du périphérique parisien à 50 km/h, une décision qu’il attribue non pas à des impératifs de sécurité routière mais à des considérations environnementales. Il rappelle que « les radars ne sont pas là pour faire de l’écologie ! Ils sont là pour faire de la sécurité routière », insistant sur la nécessité de recentrer ces dispositifs sur leur vocation première. Selon lui, la France doit impérativement « passer d’un modèle anti‑chauffeurs à un modèle anti‑chauffards », afin de cibler les comportements réellement dangereux plutôt que de multiplier les sanctions automatiques.

Enfin, cette prise de position sur les radars automatiques intervient dans un contexte où la question de l’acceptabilité des radars reste sensible. L’ouverture de leur financement aux collectivités pourrait modifier en profondeur la carte du contrôle routier, avec des implantations potentiellement plus nombreuses et plus locales. Pour l’association « 40 Millions d’automobilistes », cette perspective fait peser un risque de dérive punitive, au détriment d’une politique de sécurité routière fondée sur la prévention et la cohérence, alors que le nombre de décès a hélas augmenté sur les routes en 2025. La suite de l’entretien accordé par Pierre Chasseray est disponible dans les colonnes du journal Le Parisien.

La rédaction

Photos : LesVoitures.com

Frédéric Martin
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