L’autoroute A11 a offert samedi soir une scène presque surréaliste : une Alpine A110 filant à pleine charge, rattrapée par… une Alpine A110. Dans la Sarthe, où l’adrénaline des 24 Heures du Mans déborde souvent au‑delà du circuit, un conducteur a prolongé l’euphorie de sa journée passée à admirer les prototypes avec son fils en transformant son retour en véritable session de pilotage. Au volant de sa berlinette noire, il a poussé trop loin l’illusion de rouler comme sur la piste.
Postés sur l’A11, pour contrôler celles et ceux qui se rendaient, ou revenaient, des 24 Heures du Mans. Les militaires de la Brigade Rapide d’Intervention, installés dans leur propre Alpine A110 aux couleurs de la Gendarmerie nationale, surveillaient le trafic radar en main. En début de soirée, leur jumelle mécanique a surgi dans le viseur, déboulant à une vitesse qui ne laissait aucun doute sur l’ampleur de l’infraction. Le cinémomètre a affiché 221 km/h sur une portion limitée à 130 km/h, un dépassement qui bascule immédiatement dans la catégorie des grands excès de vitesse délictueux.
L’interception a été immédiate. Les gendarmes ont escorté l’Alpine A110 jusqu’à une aire située au niveau de Saint‑Mars‑la‑Brière, mettant fin à la cavale autoroutière du conducteur. À bord, un père et son fils, encore imprégnés de leur journée au Mans. Face aux militaires, le conducteur a tenté une justification désarmante, expliquant qu’il avait voulu « faire plaisir » à son enfant. Une phrase qui n’a évidemment pas pesé lourd face à la gravité de l’infraction.
Enfin, les conséquences ont été instantanées : permis retiré sur‑le‑champ, Alpine A110 placée en fourrière, et une procédure pénale qui s’annonce lourde. Depuis le durcissement de la loi sur les grands excès de vitesse, le chauffard encourt jusqu’à 3 mois de prison, 3 750 € d’amende, une suspension de permis pouvant atteindre 3 ans, et même la confiscation définitive du véhicule. Une addition vertigineuse pour quelques secondes d’ivresse mécanique. Dans la Sarthe, ce jour‑là, la seule Alpine autorisée à rouler à pleine vitesse était celle de la Gendarmerie nationale. Et elle n’a pas mis longtemps à rappeler la loi à sa sœur jumelle.
La rédaction
Photo : Facebook Gendarmerie de la Sarthe

