Depuis 1955, année où la Suisse avait brutalement refermé la porte à toute compétition automobile sur circuit après la tragédie des 24 Heures du Mans, le pays vivait sous l’une des interdictions les plus longues et les plus emblématiques du sport mécanique européen. Cette décision radicale, prise dans le sillage de l’accident où la Mercedes pilotée par Pierre Levegh s’était disloquée avant de projeter des débris dans la foule et de provoquer 84 morts, avait contraint des générations de pilotes helvétiques à traverser la frontière pour courir en France ou en Allemagne, faute de pouvoir s’exprimer sur leur propre sol.

71 ans plus tard, une page historique se tourne. À compter du 1er juillet 2026, les courses automobiles sur circuit redeviennent légalement possibles en Suisse, conséquence directe de la mise en vigueur par le Conseil fédéral de la révision de la loi sur la circulation routière (LCR). Cette révision, adoptée plusieurs années auparavant par le Conseil national et le Conseil des États, avait déjà posé les fondations juridiques du retour de ces compétitions. La décision annoncée lors de la séance gouvernementale du 6 mai 2026 parachève ce processus et met officiellement fin à une interdiction vieille de plus de sept décennies.

Le gouvernement suisse a toutefois rappelé que cette réouverture ne doit en aucun cas être interprétée comme un feu vert à une prolifération anarchique d’épreuves. Le pays ne dispose plus d’infrastructures permanentes adaptées, et la renaissance de ce sport restera strictement encadrée. Le Conseil fédéral a d’ailleurs précisé : « La fin de l’interdiction ne signifie pas pour autant… Le retour de ces manifestations sportives sera toutefois encadré : les cantons, qui délivreront les autorisations, veilleront à ce que les événements respectent, entre autres, les normes de sécurité et les exigences de protection de l’environnement. » Cette mention explicite confirme que chaque canton conservera un pouvoir de contrôle déterminant, notamment en matière de sécurité, de gestion des risques, de protection environnementale et de conformité aux standards modernes du sport automobile.

Enfin, même si la Suisse renoue officiellement avec une part de son histoire mécanique, le pays s’engage dans une approche mesurée, consciente de l’évolution des technologies, des impératifs écologiques et des attentes sociétales. Le retour des compétitions sera possible, mais il s’inscrira dans un cadre rigoureux, pensé pour concilier passion automobile, sécurité publique et responsabilité environnementale.

La rédaction

Photo : LesVoitures.com

Frédéric Martin
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