Dans un climat politique particulièrement électrique, les députés ont approuvé mardi le projet de loi de simplification de la vie économique, entérinant dans le même mouvement la mesure la plus explosive du texte : la suppression des Zones à Faibles Émissions, ces ZFE instaurées en 2019 pour interdire progressivement l’accès des véhicules les plus polluants aux centres‑villes et aujourd’hui déployées dans une vingtaine d’agglomérations. Ce vote, acquis après le rejet d’un amendement du gouvernement qui tentait de rendre ces zones simplement optionnelles au bon vouloir des élus locaux, marque un tournant majeur dans la politique environnementale française, tant les ZFE étaient devenues un symbole des années macronistes et un point de fracture entre impératifs écologiques, contraintes sociales et tensions territoriales.

La majorité des députés a donc choisi de supprimer purement et simplement les ZFE (Zones à Faibles Émissions), malgré les alertes répétées des défenseurs de la qualité de l’air et les inquiétudes des collectivités déjà engagées dans leur mise en œuvre. Cette décision a immédiatement été revendiquée par les groupes de droite et d’extrême droite comme une victoire politique. « C’est une très grande victoire pour le Rassemblement national », a déclaré Pierre Meurin à la sortie de l’hémicycle, ajoutant : « nous avons mis en échec le gouvernement ». Pour ces groupes parlementaires, les ZFE constituent une mesure jugée « ségrégationniste », car « on maintient des automobilistes modestes en dehors des centres‑villes », un argument qui a largement structuré leur offensive contre le dispositif.

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Le gouvernement, conscient de la charge symbolique du sujet, avait tenté in extremis de sauver l’architecture des ZFE en proposant une version assouplie, laissant aux maires la liberté de les maintenir ou non. Cette tentative a été balayée par une majorité de députés, qui ont préféré inscrire dans la loi une suppression nette, au risque d’ouvrir un nouveau front institutionnel. Car si l’Assemblée nationale a validé cette orientation, le processus législatif n’est pas achevé. Le Sénat doit encore se prononcer sur le texte, et son vote conditionnera l’adoption définitive de la mesure.

Enfin, en parallèle, les socialistes et les écologistes ont déjà annoncé leur intention de saisir le Conseil constitutionnel, estimant que la suppression des ZFE (Zones à Faibles Émissions) constitue un cavalier législatif, sans lien direct avec l’objet initial du projet de loi. Ils espèrent que les sages censureront cette disposition, ce qui rouvrirait un débat connu pour être particulièrement inflammable sur la place de la voiture en ville, la justice sociale et la transition écologique.

La rédaction

Photos : LesVoitures.com

Frédéric Martin

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