FAR‑A‑DAY, jeune pousse française de la mobilité électrique, s’apprête à présenter officiellement sa technologie brevetée lors du salon VivaTech 2026 (du 17 au 20 juin). Cette apparition marque le retour d’une idée que l’on croyait enterrée depuis la faillite d’EP Tender en 2024. Son fondateur, Jean‑Baptiste Segard, relance aujourd’hui le concept du prolongateur d’autonomie sous une forme entièrement repensée, épaulé par une nouvelle équipe et un modèle industriel beaucoup plus ambitieux. L’entreprise mise sur une remorque‑batterie de 60 kWh capable d’ajouter plus de 300 km d’autonomie sur autoroute, avec une connexion automatisée en moins de deux minutes.
EP Tender avait tenté, durant une décennie, de convaincre les constructeurs automobiles et les utilisateurs de petites voitures électriques qu’un prolongateur d’autonomie tracté pouvait résoudre les limites des batteries compactes. Malgré des prototypes fonctionnels et de nombreux tests, la solution n’avait jamais trouvé son marché et la société avait été liquidée en 2024. FAR‑A‑DAY reprend aujourd’hui cette idée en l’adaptant aux usages modernes et à un contexte technologique plus favorable. Aux côtés de Jean‑Baptiste Segard, trois cofondateurs structurent la nouvelle vision : Arthur Darde à la direction générale, Marie Laloy au marketing et Arnaud Villeneuve à la direction technique. Ensemble, ils veulent transformer ce concept longtemps considéré comme marginal en une solution industrielle crédible et scalable. Cette solution est donc à découvrir au salon VivaTech 2026.

Le système de prolongateur d’autonomie imaginé par FAR‑A‑DAY repose sur une expérience utilisateur simplifiée. Le conducteur réserve sa remorque avant d’entrer sur l’autoroute, l’attelle automatiquement en moins de 2 minutes, puis bénéficie immédiatement d’une autonomie étendue. À la sortie, il dépose la remorque dans une station FAR‑A‑DAY. Si le trajet se poursuit, il peut échanger instantanément une remorque vide contre une autre entièrement chargée, sans quitter son véhicule. Pendant le roulage, la remorque peut également recharger la batterie interne de la voiture, garantissant une arrivée avec le niveau d’énergie souhaité. Le modèle économique s’inspire du principe de la batterie en libre‑service, facturée au prix d’une recharge rapide classique.

L’ambition de FAR‑A‑DAY est claire : rendre les petites voitures électriques aussi polyvalentes que les modèles haut de gamme grâce à ce prolongateur d’autonomie de type remorque, malgré leur autonomie limitée. La nouvelle Renault Twingo E‑Tech électrique, qui est dotée d’une autonomie maximale de 263 km WLTP, illustre parfaitement cette problématique. Conçue pour la ville, elle pourrait, si elle était un jour compatible avec le système FAR‑A‑DAY, devenir une véritable routière occasionnelle grâce à une autonomie plus conséquente. Ce n’est pas un hasard si la start‑up a choisi de présenter virtuellement sa solution sur la Citroën ë‑C3, autre citadine électrique stratégique du marché européen.

L’approche de FAR‑A‑DAY propose une alternative à la course aux batteries XXL, lourdes et coûteuses. L’utilisateur pourrait conserver une voiture compacte et abordable pour ses trajets quotidiens, tout en accédant ponctuellement à une autonomie étendue pour les longs déplacements grâce à la remorque‑batterie. Cette flexibilité répond à une demande croissante : disposer d’un véhicule électrique économique sans renoncer à la liberté des grands trajets.
Le projet, présenté au salon VivaTech 2026, soulève toutefois plusieurs interrogations. Le modèle économique repose sur un réseau dense de stations, avec une implantation tous les cinquante kilomètres d’ici 2028, ce qui implique des investissements massifs et une coordination étroite avec les gestionnaires d’autoroutes. L’adoption par les constructeurs reste incertaine, car il faudrait équiper les voitures d’un attelage spécifique et d’une interface de communication dédiée, alors que l’industrie privilégie aujourd’hui les batteries plus grandes, les bornes ultra‑rapides et, en Chine, les prolongateurs d’autonomie intégrés sous forme de petits moteurs thermiques. L’expérience utilisateur pourrait également être un frein, car atteler une remorque pour chaque long trajet peut sembler contraignant, même si FAR‑A‑DAY promet une connexion quasi instantanée. Des questions de sécurité et de réglementation devront aussi être clarifiées, notamment concernant la stabilité d’une remorque contenant 60 kWh d’énergie et les risques en cas d’accident.
Enfin, FAR‑A‑DAY prévoit l’ouverture de ses premières stations dès 2026, avec 30 implantations en 2027 et une couverture nationale en 2028. L’objectif est d’étendre le modèle à l’Europe à l’horizon 2030. La start‑up porte une vision audacieuse avec la remorque-batterie, ou prolongateur d’autonomie tractable : offrir aux petites voitures électriques la liberté des longs trajets sans sacrifier leur légèreté ni leur prix. Mais après l’échec d’EP Tender, FAR‑A‑DAY devra démontrer que son prolongateur d’autonomie peut s’imposer face à des solutions déjà bien installées et perçues comme plus simples. Dans ce contexte, le retour des visiteurs du salon VivaTech 2026 sera déterminant.
La rédaction
Photos : FAR‑A‑DAY

