Dans les Hauts‑de‑Seine, la mobilité électrique vient de basculer dans une ère nettement plus contraignante. Un arrêté préfectoral, signé mardi, impose désormais aux usagers de trottinettes électriques, monoroues, gyropodes et hoverboards un ensemble d’obligations qui transforme radicalement leur quotidien, avec à la clé des sanctions pouvant grimper jusqu’à 1 500 €. En 2025, selon le bilan définitif de l’ONISR (Observatoire National Interministériel de la Sécurité Routière), 79 utilisateurs d’EDPM ont été, hélas, tués en France.

Cette décision intervient alors que les accidents impliquant des EDPM (EDPM), très majoritairement les trottinettes électriques, se multiplient dans le département, poussant le préfet à renforcer le cadre réglementaire. Le texte rend obligatoire le port d’un casque pour tous, ainsi qu’un gilet haute visibilité ou un dispositif rétro‑réfléchissant. Il rappelle également les règles déjà en vigueur, notamment la vitesse maximale fixée à 25 km/h et l’âge minimum d’utilisation fixé à 14 ans. La préfecture précise que ces obligations seront accompagnées « d’actions de sensibilisation ainsi que de contrôles renforcés » menés par les forces de sécurité intérieure.

Le mouvement dépasse largement les frontières du département. En Seine‑et‑Marne, un arrêté préfectoral appliqué depuis le 3 juillet 2026 impose déjà casque et gilet réfléchissant. La préfecture y soulignait que 45 accidents avaient été recensés entre le 1er janvier et le 2 juillet 2026, que seulement 5 usagers portaient un casque, et que le bilan faisait état d’1 mort et 51 blessés. Ces chiffres ont accéléré les décisions locales dans plusieurs communes franciliennes.

Sécurité routière mortalité routière 2022 trottinette électrique trottinettes électriques Alpes-Maritimes

À Rueil‑Malmaison, la mort du jeune César a provoqué une réaction immédiate. Le 8 juillet, le maire Patrick Ollier (LR) a signé un arrêté municipal imposant un casque homologué pour tout utilisateur d’EDPM, avec une amende pouvant atteindre 150 €. La mairie expliquait alors que la disparition du jeune garçon « a été un accélérateur », un projet d’obligation du casque étant déjà en préparation depuis plusieurs mois.

D’autres communes avaient déjà pris les devants, comme Conflans‑Sainte‑Honorine dans les Yvelines, Ormesson‑sur‑Marne dans le Val‑de‑Marne, Compiègne dans l’Oise, Romilly‑sur‑Seine dans l’Aube ou encore Bourg‑lès‑Valence dans la Drôme, chacune adoptant ses propres règles pour encadrer des engins devenus omniprésents.

Au niveau national, le dossier avance à un rythme qui contraste fortement avec l’urgence constatée sur le terrain. Le gouvernement, qui affirmait en début d’année ne pas écarter l’idée de rendre le casque obligatoire pour tous les usagers de vélos et de trottinettes, n’a toujours pas tranché. Cette hésitation prolongée laisse les collectivités locales gérer seules une problématique devenue critique, alors même que les victimes les plus jeunes paient le prix fort de cette absence de cadre uniforme.

Enfin, en l’absence de décision nationale, ce sont donc les préfets et les maires qui, département après département, se voient de devoir instaurer leurs propres obligations pour tenter de freiner une hausse continue des accidents liés aux EDPM. Cette fragmentation réglementaire crée un paysage où la sécurité routière dépend davantage du code postal que d’une stratégie cohérente de protection, alors que les chiffres d’accidents impliquant des mineurs rappellent chaque semaine la nécessité d’une réponse rapide et coordonnée.

La rédaction

Photos : images d’illustration LesVoitures.com

Frédéric Martin
Les Voitures Installez l'application pour ne rien manquer !
Ouvrir l'app

Privacy Preference Center