Dans la galaxie Alpine, certaines berlinettes ne se contentent pas d’exister : elles racontent une histoire. La 1600 S présentée dans le cadre de l’événement « Le Mans Classic Legend – La Vente Online », du 15 juin à 10 h au 8 juillet à 10 h, fait partie de ces rares machines qui portent en elles un parfum d’époque, un soupçon de mystère administratif et une authenticité que le marché recherche avec une intensité croissante. Son estimation, annoncée entre 60 000 et 90 000 €, confirme d’ailleurs que cette A110 n’est pas une simple berlinette de plus, mais un morceau de patrimoine mécanique.
Sortie d’usine en 1970, cette Alpine 1600 S au châssis 16763, en très bon état de préservation, a traversé plus d’un demi‑siècle avec une singularité qui la distingue immédiatement : un seul propriétaire depuis 46 ans, une caisse légère d’origine, une rare teinte orange initiale encore visible, sur le toit) sous le « bleu Alpine ». Cette berlinette n’a jamais couru, ne porte aucune trace d’arceau, conserve ses sièges, son tableau de bord, ses tapis d’époque, ses compteurs Veglia blancs et même sa trousse à outils d’origine, incluant la fameuse clé à bougie Alpine. Le moteur 807.25, très probablement celui monté en sortie d’usine, est toujours en place, associé à une petite boîte 353 et à l’intégralité de ses carénages inférieurs, un détail devenu rarissime.

L’histoire administrative de cette Alpine A110 1600 S ajoute une couche romanesque. Entre 1973 et 1980, la voiture a reçu les plaques et la carte grise du châssis 16958, mais les indices techniques, les numéros frappés à froid et les archives Alpine ne laissent aucun doute : il s’agit bien de 16763, jamais déclarée volée, toujours enregistrée au nom de la société parisienne qui l’avait achetée neuve en 1970. Une anomalie bureaucratique qui intrigue, mais qui ne fait que renforcer l’aura de cette berlinette restée fidèle à ses origines diepoises.

Cette A110 1600 S arrive donc sur la scène du Le Mans Classic au moment où Alpine s’apprête à tourner une page majeure de son histoire. La future A110, annoncée comme électrique, mais très probablement hybride dans un premier ou second temps, incarne la transition technologique la plus délicate jamais engagée par la marque. Architecture 800 V, recharge rapide, double moteur arrière, gestion dynamique avancée : la berlinette de demain sera un concentré d’ingénierie moderne, mais devra préserver l’ADN qui fait la légende de Dieppe depuis les années 60.

C’est précisément ce contraste qui rend la vente de cette Alpine 1600 S si symbolique. Alors que l’A110 moderne n’est plus disponible à la vente et que l’électrification s’impose, cette berlinette de 1970 rappelle ce qu’était Alpine avant les plateformes modulaires, les batteries et les calculateurs. Une voiture légère, nerveuse, artisanale, façonnée pour la route et la compétition, mais ici préservée dans un état quasi muséal.

Dans un marché où les Alpine A110 historiques voient leur cote grimper, cette 1600 S coche toutes les cases : authenticité, rareté, histoire claire malgré ses péripéties, configuration désirable et état remarquable. L’estimation comprise entre 60 000 et 90 000 € apparaît presque prudente tant l’exemplaire réunit les attributs recherchés par les collectionneurs exigeants. Pour tour savoir sur cette Alpine présente au sein du catalogue de la vente Artcurial Motorcars « Le Mans Classic Legend – La Vente Online », cliquez sur l’image située ci-dessous pour accèder à l’annonce.
Enfin, à l’heure où Alpine prépare son virage électrique, cette berlinette rappelle d’où vient la légende. Et pour celui qui remportera les enchères, elle promet un privilège rare : posséder non seulement une A110, mais un fragment intact de l’âme Alpine.
La rédaction
Photos : Artcurial Motorcars


