Annoncée dans la cour de Matignon ce mardi 21 avril en fin de journée par le Premier ministre, la nouvelle aide gouvernementale destinée à amortir la flambée persistante des prix du carburant s’adresse potentiellement à 2,9 millions d’automobilistes, dits les « grands rouleurs », soit un volume inédit depuis les dispositifs d’urgence de 2022. Cette mesure, présentée comme un outil de protection du pouvoir d’achat dans un contexte où le litre dépasse encore largement les deux euros dans de nombreuses stations‑service, répond à une inquiétude devenue quotidienne pour des Français qui redoutent chaque passage à la pompe. Le gouvernement, fidèle à la ligne défendue par Sébastien Lecornu, assume une stratégie d’aides ciblées et régulières, le Premier ministre ayant rappelé avoir choisi de « faire des aides mensualisées, ciblées », écartant explicitement tout retour à des baisses de taxes ou à des chèques carburant distribués à l’ensemble de la population.
Cette nouvelle aide « grands rouleurs », liée à la hausse des prix des carburants, vise également les professions dont l’activité repose structurellement sur l’usage du véhicule, notamment les artisans, les aides‑soignants et les infirmières libérales, pour lesquels la dépendance à la voiture n’est pas une option, mais une condition d’exercice. Pour ces professionnels, il faudra démontrer parcourir plus de 8 000 km/an dans le cadre de leur travail, un seuil retenu pour distinguer les usages intensifs des trajets occasionnels.

Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a détaillé les critères d’attribution de cette aide présentée comme l’un des piliers du plan gouvernemental. Elle concernera les Français travaillant à plus de 15 km de leur domicile et dont les revenus ne dépassent pas 17 000 €/an pour une personne seule, ou 50 000 €/an pour un couple avec deux enfants, des seuils qui correspondent à la moitié des foyers les moins aisés selon les données de Bercy. L’objectif affiché est de concentrer l’effort public sur les ménages les plus exposés à la hausse des prix des carburants, tout en évitant les dispositifs trop larges jugés coûteux et inefficaces. Bien sûr, on ne touche pas aux taxes, car l’État français n’en a pas les moyens et en profite…
Enfin, pour bénéficier de cette aide liée à l’augmentation des prix des carburants, il faudra se rendre sur le site des impôts dans « quelques semaines » afin de se déclarer, a précisé le ministre. L’aide prendra la forme d’un soutien direct pouvant atteindre 20 c/litre lors du passage à la pompe, un montant significatif dans un contexte où chaque plein pèse lourd dans le budget des ménages. Le versement sera trimestriel, afin de lisser l’impact financier et de garantir une visibilité sur la durée, conformément à la volonté du gouvernement de stabiliser les aides plutôt que de multiplier les dispositifs ponctuels, sans toucher aux taxes.
La rédaction
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