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Kia Stinger V6 GT : une première convaincante, essai

 
 
    Publié le 5 octobre 2017

C’est à l’occasion du salon de Genève 2017 que Kia a présenté à l’Europe Automobile sa première GT. Lors de notre passage en Suisse en mars dernier, le puissant pedigree de la Stinger au V6 bi-turbo de 370 ch et son design racé nous ont immédiatement fait ressentir une certaine impatience à l’idée de passer derrière son volant. Quelques mois plus tard, l’île de Majorque nous attendait pour (enfin) nous offrir la possibilité d’essayer celle qui compte faire de l’ombre aux références allemandes du segment des GT telles que les Audi A5 Sportback, BMW Série 4 Gran Coupé ou encore la Volkswagen Arteon.

« L’Europe Automobile », cette expression n’a pas été choisie par hasard car, pour ce type de voiture dont la philosophie est de proposer un design sportivement élégant, un maximum de confort et des performances de sportives, les berlines et coupés allemands, en-dehors de l’Alfa Romeo Giulia, monopolisent le marché international, là où les Françaises sont hélas inexistantes. La création sud-coréenne a néanmoins bénéficié de la « French Touch » en matière de style. Travaillant sous la responsabilité d’un ancien de chez Audi, Peter Schreyer, en charge du département style du groupe Hyundai-Kia, Grégory Guillaume, également un ex-designer de la marque aux anneaux, a dessiné la Stinger.

A l’avant, la calandre « Tiger Nose » chère à Kia, prend tout son sens aux cotés des entrées d’air agressives situées de part et d’autre d’un bouclier avant proéminent. Le tout étant habilement relevé par des touches de chrome du plus bel effet. L’entrée d’air inférieure en bénéficie grâce à la présence de petites ailettes aussi brillantes qu’agressives.

L’intégration et la projection des feux à LED vers l’extérieur, qui ne sont pas sans rappeler celles de l’Infiniti Q50, révèlent une signature visuelle incisive. Quant au long capot, il se distingue par deux nervures et deux entrées d’air noires factices.

Les flancs de la berline-coupé longue de 4,830 m sont plus basiques mais ne manquent pas de personnalité. Cette identité est générée par des jantes de 19″ bi-ton qui laissent entrevoir les étriers rouges Brembo. La Kia Stinger ne cache pas son jeu… Les bas de caisse au trait droit remontent à la verticale sur de vrais, cette fois, extracteurs d’air chromés à l’instar des coques des rétroviseurs.

Plus haut, la longue ligne de toit plongeante, façon fastback, vient épouser les galbes des ailes arrière. Ces dernières étant habilement soulignées par une barrette rouge qui fait la jonction visuelle entre ce profil expansif et l’arrière imposant de notre Stinger d’essai Rouge Performance (couleur en option : 750 €). Sur ce point, les 5 autres teintes proposées offrent un panel varié de la plus simple à la plus originale comme le gris céramique.

Un mini-aileron entièrement intégré à la carrosserie, un imposant bouclier joliment rehaussé, un diffuseur noir aux lignes très travaillées composent l’arrière de la Stinger, sans oublier la quadruple sortie d’échappement de notre belle GT et, de nouveau, une signature visuelle très expressive; le tout étant finalement très compact, la partie arrière de cette attrayante GT est à l’image de son style général. Au final, malgré la présence de très nombreux éléments, une forte homogénéité visuelle se dégage de cet « outsider ».

Le design de la Stinger est donc réussi et novateur mais qu’en est-il de son habitacle sachant que les marques asiatiques ne sont pas les plus douées dans ce domaines ? D’une surprise à une autre, il nous a fallu aussi peu de temps qu’il ne le faut pour l’écrire pour instantanément nous rendre compte d’une montée en gamme saisissante en termes de finition.

Des efforts considérables ont été portés à l’habitacle de la Stinger que ce soit au niveau des assemblages que des choix des matériaux. Le long tableau de bord courbé en son centre vient ainsi entourer les aérateurs extérieurs tandis que 3 autres aérateurs centraux reprennent un aspect « aéronautique » connu des Mercedes-Benz. Ces derniers sont surplombés d’un un écran tactile 8″ de qualité qui n’a pas été juste posé mais intelligemment intégré. Le conducteur et son passager sont séparés par une console massive et droite très réussie. Comme pour la « robe » de l’auto, on retrouve dans cet espace très soigné de belles touches de chrome. L’une d ‘entre elles ressort finement le long du tableau de bord tandis que d’autres, tout aussi agréables au touché qu’à l’œil, habillent les contre-portes. A noter, la très bonne qualité du cuir. Quant aux sièges réglables sur 6 paramètres, ils procurent une assise enveloppante parfaite.

Ajoutons à cela, un pavillon de toit en feutrine et un volant à méplat parfaitement étudié pour obtenir un intérieur très sérieux et définitivement haut de gamme. On aurait néanmoins apprécié un cache-moyeu de volant à la hauteur. Son plastique trop rigide et sa conception grossière représentent les seuls détails négatifs de ce que nous avons sous nos yeux : un cocon digne des voitures allemandes à l’habitabilité qui est exemplaire. Pour « compenser » ce point noir, notons que la définition de l’écran tactile est de haute qualité. Les concepteurs de la Kia Stinger ont aussi pris soin de la doter d’un système Hi-Fi Harman-Kardon (15 haut-parleurs de 720 watts). A l’arrière, les passagers ne manqueront pas d’espace mais seulement deux personnes pourront en profiter dans un parfait confort, la faute au toit tombant et au tunnel de transmission.Les pères de famille pressés seront heureux d’apprendre que le volume du coffre de la Stinger est de 406 l.

Et qui dit « haut de gamme » dit « équipements ». Sur ce point, Kia fait dans la simplicité généreuse. Alors que les constructeurs allemands font dans des catalogues d’options à n’en plus finir, la Kia Stinger GT en possède, de série, une dotation exemplaire : toit ouvrant, pédalier en aluminium, affichage tête haute, sellerie cuir, sièges chauffants, etc… Pour configurer sa Stinger GT, il n’y a en effet que deux options au catalogue. De surcroît, elles ne concernent que les teintes de carrosserie. Le premium « made in « South Korea » fait oublier tous les préjugés auxquels ont aurait pu penser grâce à la Stinger. C’est très agréablement étonnant, bravo Kia !

Les aides à la conduite sont dans la même lignée. Mise à part la conduite semi-autonome, la Kia Stinger GT les propose toutes. Commençons par les principales liées à la sécurité  : régulateur adaptatif de vitesse (SCC), reconnaissance des panneaux de limitation de vitesse (SLIF), alerte de collision frontale avec détection des piétons (FCA), détecteur d’angles morts (BSD), détecteur de trafic arrière (RCTA), projecteurs avant full LED adaptatifs, assistance active au maintien de voie (LKAS), système d’alerte de baisse de vigilance du conducteur (DAW). Comme vous allez pouvoir le découvrir maintenant lors de notre essai routier, les autres technologies, qui sont chargées, entre autres, du comportement de la berline, lui procurent de très sérieux atouts.

Bien installé dans un siège savamment étudié, la Stinger GT propose un agrément de conduite très intéressant. En mode Confort, elle est capable de dévorer les kilomètres avec une grande facilité. La suspension est parfaitement paramétrée, souple. La direction répond avec précision aux sollicitations du conducteur. La boîte de vitesses automatique à huit rapports a fait l’objet d’un sérieux développement. Elle utilise un convertisseur de couple à amortisseur pendulaire centrifuge (CPA). D’après Kia cette technologie est « réservée généralement aux moteurs d’avion ou de course ». Palettes au volant ou pas, les rapports s’enchaînent rapidement. Avant de détailler les capacités de la Stinger en mode Sport, sachez que le Drive Mode permet de choisir entre les modes : Smart (qui s’adapte intelligemment au profit du conducteur), Eco, Confort, Sport et Sport+.

Une dernière chose à savoir avant de passer aux choses très sérieuses, Albert Biermann (Head of Vehicle Test & High Performance Development), un ancien de chez BMW Motorsport, a eu la responsabilité de son développement. Après 30 ans passés chez BMW, il a été recruté en 2014. On lui doit également la Hyundai i30 N (à découvrir ici). Place au mode Sport !

Les longues courbes et autres virages serrés qui serpentent aux abords des côtes rocheuses et montagnes de l’île de Majorque nous ont offerts de quoi mettre la Stinger au défi sur les plans de l’agilité et du ressenti à son volant. Une fois le mode Sport enclenché, la pédale de droite est plus réactive, la direction et les suspensions (MacPherson à l’avant, multibras à l’arrière) se durcissent. A noter que la Stinger possède dans ses entrailles tout ce qui est indispensable à ce type d’auto, grande et assez lourde (1 909 kilos à vide) dont une barre antiroulis. Baptisé ECS pour Electronic Controlled Suspension, l’intelligence du pilotage électronique de la suspension, offre à la Stinger un agrément de conduite sportif de haut niveau. Précisons que le mode Sport joue également sur la gestion transmission intégrale, alors plus typée propulsion. La sonorité du V6 se lâche aussi un peu plus !

En mode Sport, Les 370 ch de la Singer (à 6 000 tr/min) et son couple de 510 Nm (entre 1 300 et 4 500 tr/min) s’expriment avec allégresse. A nos yeux ou plutôt à nos sens, la Kia Stinger V6 est une remarquable GT en matière de sensations à son volant. Suspension, direction, freins remontent des informations précises à son conducteur. On écrit hélas trop souvent sur l’aspect aseptisé de beaucoup d’automobiles modernes. Sur la Stinger, tout a été pensé pour générer du plaisir et, insistons, un ressenti exceptionnel. A ce titre, le train avant se place avec une grande précision. Réactif, il dynamise la Stinger. A allure élevée, la suspension ferme, sans être trop rigide, offre un maintien bluffant à la grande berline, que ce soit dans de larges virages ou à l’attaque d’épingles. A l’accélération, le V6 répond instantanément et ne rechigne en aucun cas à monter haut dans les tours ! Faut-il évoquer le freinage du spécialiste Brembo (4 pistons et disques ventilés 350mm à l’avant – disques ventilés 320 mm à l’arrière) ? La réponse : il est d’un mordant redoutable. Quelle surprise cette Stinger ! A en oublier son poids élevé. Agile, performante et hyper plaisante à emmener, elle nous plait définitivement !

Du côté des performances, la Stinger V6 GT réalise l’exercice du 0 à 100 km/h en 4,9 s et peut atteindre 270 km/h. Nous passerons rapidement sur les consommations (10,6 l/100 km en cycle mixte – données constructeur). « Rapidement », car la facilité avec laquelle la Stinger évolue à un rythme soutenu est en totale opposition avec une consommation raisonnable. En revanche, elle est un gage de sensations rares, le tout dans excellent confort.

Avant de conclure sur l’un des essais les plus plaisants de cette année, soyons francs, précisons que pour la France, la Kia Stinger sera proposée en 3 déclinaisons : diesel 200 ch 2WD GT Line, diesel 200 ch 2WD ou 4WD GT Line Premium et donc GT au V6 T-GDi bi-turbo 370 ch 4WD.

Le constructeur sud-coréen a tout compris. Produit d’image en Europe, la Stinger n’est pas positionnée par Kia sur le plan d’objectifs de vente mais son arrivée risque fort de faire bouger les lignes du segment. Kia arrive avec une première GT déjà très mature, au comportement sportif très agréable et aux qualités dynamiques du même niveau que celui des Allemandes. Hormis, le malus 2017 de 10 000 € (244 g/km de CO2 émis), rien ne pourrait empêcher un potentiel acheteur de GT de s’intéresser à cette sérieuse alternative au look novateur. Facturée, « full options de série » à partir de 59 900 € (garantie de 7 ans ou 150 000 km incluse), la Kia Stinger V6 GT est largement plus accessible que les Allemandes citées en introduction. La Stinger est pour Kia son nouveau « fer de lance » qui marque le début d’une nouvelle ère. C’est très bien parti…

La rédaction

Essai, texte : Frédéric Lagadec

Photos : LesVoitures.com et Kia (dynamiques).