Sur l’A89, le 30 juin, la scène avait tout d’un choc esthétique et mécanique : une Ferrari 12Cilindri rouge, silhouette interminable, museau affûté, moteur V12 6,5 litres de 830 ch hurlant sous le capot, propulsée à une allure que seule l’ingénierie italienne sait rendre presque naturelle. En quelques secondes, la GT avait transformé une portion limitée à 110 km/h en ligne droite de circuit, atteignant 200 km/h, une vitesse que la voiture tutoie sans effort grâce à son incroyable capacité à bondir de l’arrêt total à 200 km/h en 7,9 s. Une performance qui, sur route ouverte, devient un délit pur et simple. Avec humour, les gendarmes ont habilement communiqué sur cet excès de vitesse en s’appropriant virtuellement cette Ferrari.
Sur cette autoroute corrézienne, la cavalerie italienne n’était donc pas seule. Les gendarmes, postés en surveillance, ont vu surgir cette Ferrari 12Cilindri dans leur viseur. Leur interception a été immédiate, professionnelle, nette, sans la moindre hésitation. Ces militaires, qui passent leurs journées à sécuriser nos trajets, à absorber les risques que d’autres prennent et à nous protéger, ont stoppé la Ferrari avec le calme de ceux qui savent que leur mission ne s’arrête jamais. À Chanteix (Corrèze), la GT a été immobilisée, son conducteur contrôlé, son permis retenu sur-le-champ, conformément à la loi désormais très sévère sur les grands excès de vitesse.
Le propriétaire de la 12Cilindri, qui risque même la confiscation définitive de son bijou mécanique, a sans doute compris que la frontière entre plaisir et danger se franchit en une fraction de seconde lorsque l’on manipule une machine capable de performances aussi extrêmes. Mais les gendarmes, eux, ont choisi de désamorcer la tension avec un humour bien senti. Sur leur page Facebook, ils ont publié une image générée par intelligence artificielle montrant la Ferrari 12Cilindri repeinte aux couleurs bleu‑blanc‑rouge de la Gendarmerie nationale, accompagnée du message : « Nous aimerions bien avoir la même en bleu. » Une manière élégante de rappeler qu’ils veillent, qu’ils protègent, qu’ils interviennent, mais qu’ils savent aussi sourire.
Enfin, imaginer une Ferrari 12Cilindri rejoindre les rangs de la Gendarmerie nationale ferait presque rêver : avec une telle GT, même les Alpine A110 utilisées par les Brigades Rapides d’Intervention (BRI) auraient du mal à suivre. Et pourtant, ce sont bien ces gendarmes, avec leurs moyens actuels, leur vigilance constante et leur professionnalisme, qui garantissent chaque jour la sécurité de nos routes.
La rédaction
Photos : Facebook Gendarmerie de la Corrèze

