Kia Rio : sérieuse alternative sud-coréenne, essai

Face aux stars françaises des citadines, les Renault Clio et Peugeot 208 qui viennent d’être renouvelées, la Kia Rio pourrait presque passer inaperçue mais, elle profite d’un restylage qui mérite toute notre attention. Direction la région de Bordeaux pour l’essai de la citadine sud-coréenne dans sa configuration 1.0 l T-GDi MHEV 120 ch en boîte manuelle et finition « GT Line Premium ».

Avant d’attaquer la présentation de la Kia Rio restylée de 4ème génération, il est important de noter que le constructeur asiatique est en pleine forme. A ce titre, il a écoulé, en Europe, pas moins de 502 845 voitures en 2019 ! Cela n’est pas surprenant quand on voit les efforts déployés sur l’ensemble de sa gamme. D’ailleurs, le Kia XCeed nous a réellement bluffés lors de son essai. Alors, la Kia Rio nous fera-t-elle la même impression ?

Débutons avec le design de la Kia Rio de 4ème génération restylée sachant que la Rio est apparue sur le marché automobile il y a déjà 20 ans. C’est surtout sa face avant qui évolue avec un rendu à la fois plus homogène et agressif. Ainsi, l’entrée d’air du bouclier est beaucoup moins haute et dorénavant accompagnée d’une longue fente qui affine l’ensemble.

Aux extrémités de ce même bouclier, notre version la plus haut de gamme profite de larges ouvertures qui laissent apparaître des antibrouillards très modernes à quatre facettes. Ces derniers sont à LED comme pour les optiques avant et arrière.

Au final, cela suffit amplement pour offrir plus de dynamisme visuelle à la Rio et un design un brin sportif, le tout à moindre coût. Pour le reste, le catalogue de la citadine accueille de nouvelles jantes et teintes beaucoup plus au goût du jour. Celles de notre modèle d’essai étant respectivement de série en 17″ et en option avec un « Bleu Azur » plutôt tendance.

Passons à l’intérieur de la Kia Rio avec, comme évolution majeure selon les versions, l’arrivée d’un grand écran tactile central de 8″. Parfaitement intégré, il est facilement accessible grâce aux nouvelles touches situées désormais en-dessous, le précédent écran proposant des commandes latérales plus grossières. Qui dit nouvel écran dit nouveau système d’infodivertissement. Dans ce domaine devenu si important de nos jours, la Kia Rio ne manque de rien en rattrapant, entre autres, son retard sur le plan de la compatibilité Apple CarPlay/Android Auto et de la connectivité. Ce n’est pas tout car, la citadine fait un bon en avant en termes d’équipements et d’aides à la conduite. Nous reviendrons sur ce point plus tard.

En termes de qualité des matériaux, l’intérieur de notre Rio « GT Line Premium » est habillé d’une sellerie composée de cuir et de tissu noirs. A cela s’ajoutent, des touches de blanc notamment pour les surpiqûres que l’on retrouve également sur le volant. D’autres inserts brillants et traitement valorisants aident à faire oublier l’omniprésence de trop de plastiques durs. Certes, l’ambiance intérieure est austère mais, l’ensemble reste accueillant même si on aurait préféré un peu plus de fun et de modernité. Par exemple, l’instrumentation digitale n’est pas présente sur la Rio. La citadine sud-coréenne se rattrape avec un volume de chargement de 325 l (Peugeot 208 : 311 l – Renault Clio 5 : 391 l).

Kia Rio

Place à la vérité de la route pour la Rio 1.0 l T-GDi MHEV de 120 ch, les quatre lettres « MHEV » (Mild Hybrid Electric Vehicle) correspondant, bien sûr, à l’arrivée d’un alterno-démarreur alimenté par une batterie de 48 V située sous le coffre à l’arrière. Soyons précis, le petit bloc essence 3-cylindres de la famille baptisée « Smartstream » fait partie intégrante des nouveautés de la Rio restylée. La refonte de la gamme Rio est clairement totale car, une nouvelle boîte manuelle iBVM6 capable de mettre l’auto en roue libre remplace la précédente (5 rapports) et le conducteur peut faire le choix entre trois modes de conduite (« Eco », « Normal » et « Sport »), sans oublier de citer la possibilité d’opter pour une DCT7 à double embrayage.

Kia Rio

Pour commencer, au volant de la Kia Rio, on est parfaitement bien assis, les sièges offrant une bonne assise synonyme de confort. C’est une première bonne surprise qui est confirmée par les quelques kilomètres parcourus en ville. La Rio « n’a peur de rien » grâce à une maniabilité parfaite et, pour revenir sur l’aspect confort, elle est parfaitement insonorisée. Une surprise en amenant une autre, le moteur offre une très bonne agilité à l’auto, Dans la « jungle urbaine », la Rio est plus qu’à son aise avec une souplesse d’utilisation remarquable. Si l’on fait abstraction de l’atmosphère intérieure que nous qualifierons de trop classique, la Rio n’a, en ville, quasiment rien à envier aux Peugeot 208 et Renault Clio 5.

Kia Rio

En revanche, cela se gâte sur les petites routes. Même si le petit 3-cylindres est au rendez-vous, la Rio y trouve ses limites niveau dynamisme. Typée confort, la direction manque cruellement de précision et cela bouge un peu trop dans les virages et courbes pris à allure élevée. Cette fois, pour la tenue de route, on est loin des qualités de nos deux françaises citées juste au-dessus. Pondérons nos propos, notre fabuleux métier de journaliste automobile nous « obligeant » à trouver toujours les limites des voitures qui nous sont confiées. Kia ayant pour stratégie de proposer des véhicules polyvalents à prix réduits, la Rio répond à ce cahier des charges.

Kia Rio

A allure normale, on oublie vite les points faibles de la Rio car… la motorisation à micro-hybridation fait des merveilles ! Les 120 chevaux disponibles à 6 000 tr/min et les 172 Nm de couple (à 1 500 tr/min) suffisent amplement à mouvoir l’auto. Ses forces : sa souplesse d’utilisation offrant un bon agrément de conduite et ses montées en régime efficaces. A aucun moment on ne ressent un caractère poussif, c’est un excellent point pour la Rio !

La boîte manuelle à 6 vitesses, bien étagée, participe à ce sentiment de facilité. Comme en ville, aucun bruit désagréable issu du moteur n’est perçu, un autre atout complété par ce qui suit. Ainsi, les aides à la conduite de la Rio restylée la projette dans le « monde merveilleux », agréable et si sécurisant de la conduite autonome de niveau 2 (selon modèle et options) : lecture des panneaux, limiteur de vitesse, maintien dans la voie, freinage d’urgence automatique, etc…

En d’autres chiffres, ceux liés à l’écologie, la Rio 1.0 l T-GDi MHEV 120 ch BVM6 affiche sur sa fiche technique des émissions de CO2 de 125g/km (pas de malus) et une consommation mixte de 5,5 l/100 km. Lors de notre essai, nous avons relevé un très intéressant 6,8 l/100 km, autre preuve de la maîtrise de Kia en matière de motorisations électrifiées.

Kia Rio

En conclusion, la Kia Rio fait plus que le job surtout grâce à son étonnant moteur à hybridation légère ! Avec son design plus attractif et son importante mise à jour technologique, la Kia Rio est une réelle alternative aux 208, Clio et Citroën C3. Ses autres atouts, ce sont ses tarifs avec un prix de départ de 14 890 € (1.2 l essence DPi 84 ch BVM5 finition « Motion »), notre Rio 1.0 l T-GDi MHEV 120 ch BVM6 finition « GT Line Pemium » s’offrant à partir de 22 190 €. Choisir Kia, c’est aussi profiter d’une garantie de 7 ans ou 150 000 km, un argument qu’il est plus que nécessaire de rappeler !

Texte et essai : Frédéric Lagadec

Photos : Kia et LesVoitures.com

Kia Rio Kia Rio