Peugeot vient à peine de rallumer la mèche GTI avec sa e‑208 GTI électrique que déjà une autre question brûle les lèvres : la marque pourrait‑elle réintroduire des GTI hybrides dans son catalogue ? Entre une réglementation de plus en plus contraignante et une fiscalité française qui étrangle les petites sportives thermiques, la perspective d’un retour du moteur à explosion dans une GTI relève autant de la stratégie que de la résistance culturelle. Seule la future Peugeot 308 (quatrième génération), attendue à l’horizon 2028, pourrait être déclinée en GTI hybride.
La Peugeot e‑208 GTI, forte de 281 ch, 345 Nm et d’un poids de 1 535 kg, marque un tournant. Elle ressuscite un badge mythique né avec l’injection, mais sans injection, puisqu’elle est entièrement électrique. Son différentiel à glissement limité, son positionnement face à l’Alpine A290 et sa fiche technique musclée lui donnent une vraie légitimité sportive, mais son autonomie WLTP plafonnée à 375 km rappelle que l’électrique impose ses propres limites. Quant à l’accessibilité tarifaire et aux sensations brutes qui ont fait la gloire des GTI thermiques, elles appartiennent désormais à une autre époque chez Peugeot. À moins que la marque ne décide de briser le cadre avec une 308 GTI hybride.

Ainsi, l’homme qui pourrait changer la donne s’appelle Alain Favey, nouveau patron de Peugeot. C’est lui qui a relancé le projet de 208 sportive électrique après l’abandon de la gamme PSE. Interrogé par Auto Express sur la possibilité d’une GTI hybride, il n’a pas esquivé : « Cela pourrait être une hybride. » Une phrase lourde de sens, d’autant que Peugeot prépare déjà l’arrivée d’une hybridation classique façon Toyota, en complément des micro‑hybrides et hybrides rechargeables déjà au catalogue.

Et l’idée n’est pas nouvelle : en 2015, la marque avait déjà exploré le mariage entre thermique et électrique avec le prototype 308 R Hybrid, une compacte de plus de 500 ch qui n’a jamais vu la série mais qui reste un manifeste technique.

Le problème, c’est que le segment GTI est devenu un marché de niche où chaque investissement doit être pesé au gramme près. En France, le malus écologique rend quasi impossible la commercialisation d’une sportive thermique ou hybride puissante à un prix raisonnable. Et pour Favey, hors de question de proposer une GTI édulcorée. « Les gens sont si amateurs de petites sportives. On doit proposer un produit qui mette tout le monde d’accord », affirme‑t‑il. Il balaie aussi l’idée d’un SUV GTI : « C’est une approche de puriste, mais GTI est synonyme de citadine ou compacte sportive. Pas de SUV. D’autres font peut‑être cela mais nous n’allons pas le faire. »

Une Peugeot GTI hybride n’est donc pas à exclure, mais elle n’est pas confirmée non plus. Le constructeur avance avec prudence. Favey le reconnaît : « J’aimerais beaucoup, mais pour le moment la réponse est non. Nous n’avons pas trouvé de solution jusque‑là, mais nous allons poursuivre nos efforts. » La Peugeot e-208 GTI ne sera donc pas déclinée en hybride. Cependant, la future 308 coche toutes les cases pour éventuellement être proposée en version GTI hybride : format, positionnement, clientèle, et surtout la plate‑forme « STLA One », multi‑énergie, qui équipera les prochaines Peugeot des segments B à D à partir de 2027. Cette base pourrait théoriquement permettre le retour de GTI thermiques ou hybrides, mais leur existence dépendra d’un facteur unique : leur viabilité économique.
La rédaction
Photos : LesVoitures.com et Peugeot

