Le Telo MT1 appartient à cette nouvelle vague de pick-up électriques compacts qui cherchent à redéfinir les standards du marché américain. Derrière son format minuscule, à peine plus long qu’une Mini Cooper, se cache un projet né en 2022 sous l’impulsion de Jason Marks, Forrest North et Yves Béhar, trois figures qui ont déjà marqué l’histoire de la mobilité électrique. Forrest North a contribué à l’ingénierie des batteries du premier Tesla Roadster, tandis que Marc Tarpenning, cofondateur de Tesla, siège aujourd’hui au conseil d’administration de Telo et a investi à deux reprises dans l’entreprise. Cette filiation technologique donne au MT1 une légitimité inattendue pour un véhicule aussi compact.
Le développement du Telo MT1 s’est déroulé dans une relative discrétion pendant trois ans, loin du tumulte médiatique qui a accompagné le pick-up électrique développé par Slate. Telo a préféré affiner son architecture plutôt que multiplier les annonces. Le résultat est un petit utilitaire qui parvient à intégrer une batterie de 106 kWh, un volume énergétique que l’on retrouve habituellement sur des pick-up de grande taille ou des SUV électriques premium. À cette base s’ajoute une configuration à deux moteurs électriques délivrant 500 ch, une puissance qui garantit une accélération vive et une capacité de traction étonnamment élevée pour un véhicule dont l’encombrement rivalise avec celui d’une citadine trois portes.

Ce travail d’ingénierie se traduit par des performances qui surprennent dans ce segment. Le Telo MT1 dépasse désormais les capacités de remorquage d’un Tesla Cybertruck standard, donné pour 7 500 lbs (3 400 kg). Lors des premières phases de développement, Telo annonçait une capacité de 6 600 lbs (2 993 kg), mais les essais menés ces derniers mois ont permis de porter ce chiffre à 8 000 lbs (3 628 kg). Le MT1 peut ainsi tracter presque le double de son propre poids, estimé à 4 400 lbs (1 995 kg). Les versions haut de gamme du Cybertruck conservent un avantage avec 11 000 lbs (4 989 kg), mais le rapport gabarit‑performance du MT1 reste inédit dans l’industrie.

Cette montée en puissance s’accompagne d’un positionnement tarifaire le distingue du pick-up électrique pensé par Slate. Là où le pick-up concurrent mise sur un prix d’appel de 24 950 $, Telo vise un marché plus exigeant. Le MT1 d’entrée de gamme, doté d’un moteur unique de 300 ch et d’une autonomie d’environ 260 miles (418 km), est annoncé à 41 520 $. La version à transmission intégrale, qui porte la puissance à 500 ch et l’autonomie à 350 miles (563 km), en cycle EPA, devrait débuter autour de 50 000 $. Précisons que le cycle américain EPA est nettement plus strict et réaliste que le cycle européen WLTP. En moyenne, l’autonomie affichée en EPA est inférieure de 10 à 20 %, comparativement au cycle d’homologation européen WLTP.

Telo ne cherche pas à produire le pick-up électrique le moins cher du marché, mais plutôt un utilitaire compact premium capable de rivaliser avec des modèles deux fois plus grands. Cette orientation se traduit par une conception pensée pour des usages beaucoup plus larges que le simple transport professionnel. Le MT1 vise clairement le rôle de véhicule familial polyvalent, capable d’assurer les trajets quotidiens en ville grâce à son format réduit, tout en offrant la modularité nécessaire pour les départs en week-end ou les activités de plein air.

Sa capacité de remorquage de 8 000 lbs (3 628 kg) lui permet d’emmener une caravane de taille moyenne, un bateau léger ou une remorque chargée de matériel sportif sans difficulté, ce qui le positionne comme un compagnon crédible pour les vacances, les séjours en camping ou les loisirs motorisés.

Son architecture compacte facilite le stationnement en milieu urbain, mais son châssis renforcé et son groupe motopropulseur de 500 ch lui donnent la robustesse nécessaire pour transporter des vélos électriques, des kayaks, des planches de surf ou du matériel de randonnée. Le Telo MT1 peut ainsi remplacer un SUV familial traditionnel tout en offrant une benne utilisable pour les activités du quotidien, qu’il s’agisse de déménagements, de travaux domestiques ou de sorties en pleine nature.

Cette combinaison rare entre compacité, puissance et capacité de traction permet à Telo de viser un public qui cherche un véhicule unique capable de couvrir l’ensemble des usages familiaux sans basculer dans les dimensions imposantes des pick-up américains classiques.

Enfin, pour soutenir cette ambition, Telo a levé 20 M$ en 2023. L’objectif est de lancer la production avant la fin de l’année, même si les start-up automobiles savent que les calendriers peuvent glisser. Le Telo MT1 n’en reste pas moins l’un des projets les plus singuliers du marché américain. Le gabarit compact du MT1 pourrait aussi être particulièrement intéressant pour l’Europe. Affaire à suivre…
La rédaction
Photos : Telo

