Volvo S90 : la grande berline au confort « régénérateur » à l’essai…

    Publié le 24 octobre 2016

Présentée début 2016 à l’occasion du salon de Detroit, la Volvo S90 a ensuite fait son apparition au salon de Genève en mars dernier. La marque suédoise, qui est sortie du giron Ford en 2010 suite au rachat par les chinois de Geely, a en revanche fait l’impasse sur le Mondial de l’Automobile 2016. Nous étions donc impatients de découvrir la grande berline premium en France. La version D4 Inspiration nous attendait dans le Sud.

Développée sur la plate-forme SPA qu’elle partage avec le très réussi XC90 (essai à lire ici), la longue berline de 4,96 m scandinave en reprend le style, comme si le SUV avait été abaissé et effilé. Avec une signature visuelle « marteau de Thor » ,au nom de super-héros, la « presque » limousine S90 compte bien taper sur les références allemandes que sont, entre autres, les Mercedes-Benz Classe E ou Audi A6.

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Fin certes mais non moins expressif, l’avant de la S90 marque également le retour dans l’ère du temps de Volvo en termes de design. Alors que la berline remplace la S80, la break V90 prend la place de la V70. C’est une logique rationalisation du catalogue Volvo. Une discrète et jolie sportivité prend forme au niveau du bouclier. Les flancs de la premium sont plus consensuels mais grâce aux jantes de 20″ Argent/Diamant et à une ligne de toit fuyante, la jolie suédoise à la teinte Gris Osmium Métallisé de notre essai n’a rien à envier aux allemandes citées auparavant malgré un léger manque d’agressivité.

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Quant à l’arrière de la S90, il nous avait laissé dans le doute à travers les premières photos officielles. Rien ne vaut qu’un environnement naturel et d’autres véhicules pour jauger un design. Après les optiques avant « marteau de Thor », osons écrire que la malle arrière est en forme d’enclume. Les feux qui l’entourent assoient la nouvelle image que souhaite donner le constructeur suédois à ses créations : de la modernité, de l’élégance mais avec une force visuelle synonyme de sécurité. C’est bien cette dernière qui ressort des optiques arrière. Comme pour l’avant, l’aspect sportif apparaît sur la partie inférieure du bouclier avec une double sortie d’échappement chromée qui est liée par un élément de même rendu.

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L’habitacle de la S90 est une invitation à voyager. Une sensation rare déjà fortement ressentie au volant du XC90. C’est donc sans surprise mais avec le même sentiment d’une luxueuse zénitude que nous redécouvrons un habitacle que l’on peut clairement qualifier de régénérateur. Son ergonomie est des plus hauts de gamme, surtout grâce à la philosophie high-tech Volvo Sensus.

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Les finitions et la qualité des matériaux sont d’un niveau exceptionnel. La douceur extérieure dégagée par la S90 va de pair avec le confort et l’ergonomie de son espace de vie. Ses deux points risquent de faire de l’ombre aux berlines premiums allemandes surtout que la ligne de toit fuyante n’enlève rien à l’habitabilité de la voiture suédoise. Le coffre propose de plus 500 l de volume de chargement.

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L’intérieur de la S90 de notre essai est habillé de cuir Nappa Ambre et Anthracite (de série en finition Inscription). A cela s’ajoutent des éléments en bois noyer et un pavillon de toit beige qui laisse entrer la lumière (toit ouvrant en option : 1 200 €). Au chapitre des options de notre S90, on trouve ce qui se fait de mieux en matière d’audio, à savoir les 19 haut-parleurs et le subwoofer de marque Bowers & Wilkins. La puissance sonore, au-delà d’un son cristallin, envoie pas moins de 1 400 W. De quoi redécouvrir vos musiques favorites sous une autre oreille grâce également aux 3 modes Concert, Studio et Scène.

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Le grand écran central et tactile 9″ et l’affichage digital des données en 12,3″ offrent un maximum de lisibilité. On aurait apprécié que la vision tête haute HUD, facturée en option 1 300 €, fasse partie des équipements de série. Mais ne boudons pas notre plaisir, ce second niveau de finition, qui se situe entre les Moment de base et le très haut de gamme Inscription Luxe est déjà très bien fournie de base. Sans oublier la finition R-Line aux connotations, cette fois, très sportive.

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Sur le plan des aides à la conduite et des technologies, faut-il encore rappeler l’objectif de Volvo à l’horizon 2020 : aucun mort ni blessé grave à bord des futurs véhicules de la marque. Pour atteindre ce résultat aussi ambitieux que louable, les ingénieurs en sécurité active et passive ne cessent de faire évoluer les systèmes. D’après Yves Pasquinade-Desvignes, « Dans moins de 20 ans, 75% des voitures n’auront plus besoin de nous pour piloter. » Et en matière de sécurité, le Président de Volvo Car France poursuit en faisant le lien entre le pouvoir de confort des Volvo et leur fort aspect sécuritaire : « Confortablement installé dans votre voiture, vous pourrez vous relaxer pendant que celle-ci fera tout à votre place et en toute sécurité. » Ainsi, notre S90 (comme nous aimons dire qu’elle est à nous…), est dotée d’une batterie de dispositifs.

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En série sur toutes les déclinaisons, on trouve le City Safety et d’autres équipements de sécurité. Ce système intelligent est capable d’anticiper sur des éventuelles collisions. Sa particularité est représentée par sa capacité à différencier les piétons des cyclistes et d’identifier les grands animaux. Autre spécificité, le système anti-sortie de route qui fonctionne entre 65 et 140 km/h, même sans marquage au sol !

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L’autre innovation, plus répandue chez les constructeurs premiums, est le pilotage semi-automatique. Chez Volvo, cette technologie a été baptisée IntelliSafe Assist. Elle intègre, le régulateur de vitesse adaptatif ACC, la reconnaissance des panneaux, les feux de route adaptatifs, les feux à LED directionnels, l’alerte de franchissement de ligne, la prévention de la fatigue, etc… Nous reviendrons plus tard, lors de l’essai routier, sur la conduite semi-automatique. A cela s’ajoutent bien sûr les systèmes devenus classiques de sécurité passive.

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Le moment est venu de mettre le contact. La S90 D4 est motorisée par un 4-cylindres 2.0 l. Exit, les blocs à 5, 6 et 8 cylindres, place à la simplicité du browning et de la suralimentation pour tous les modèles S90 et V90. A noter que le moteur est monté en position transversale. Le D4 est accompagné par la boîte automatique Geartronic 8. Il développe 190 ch (à 4 250 tr/min) et 400 Nm de couple (entre 1 750 et 2 500 tr/min). Sur autoroute, cela est largement suffisant, ce qui fait de cette configuration le cœur de la gamme. A la vitesse de croisière de 130 km/h, on ne sent vraiment pas les kilomètres défilés tant le confort est à son apogée. Le silence de cette motorisation diesel est impressionnant. Et oui, nous avons mis sur Off le système audio quelques instants. Quand nous évoquions l’aspect régénérateur de la voiture, cela n’était pas par hasard, au fil du paysage qui défile, on se sent de mieux en mieux…

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Une fois le pilote automatique enclenché, les mains toujours sur le volant, l’attention et la tension montent d’un cran. La berline se cale en effet sur la ligne de droite. On passe alors près des autres voitures et camions. Visuellement surprenant, on s’habitue vite au plaisir de la conduite semi-automatique. Les longues courbes sont abordées avec douceur. Le sentiment de confiance est bien présent. Sur cette nouvelle et future manière de rouler, la S90 fait jeu égal, au niveau ressenti, que la Merceries-Benz Classe E (essai ici). Niveau confort autoroutier, la Volvo est un cran au-dessus mais la Classe E dispose d’un fabuleux écran « full digital ».

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Une fois, sortis du beau réseau autoroutier français, les petites routes vallonnées et des virages serrés nous attendaient. Le volant bien en main, la direction fait remonter d’excellentes informations et le freinage est sans aucun défaut malgré les plus de 1 700 kilos de l’engin nordique. Ce poids se fait clairement ressentir lorsque l’on passe en mode Sport et Dynamique. Le premier étant engagé à l’aide de la commande de boîte et le second avec une molette. Notre S90 est dotée de l’option suspension pneumatique arrière au châssis actif qui inclut l’amortissement piloté C-Four (option 1 980 €). Cette technologie nous semble indispensable pour disposer d’une tenue de route convenable.

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La S90 n’est pas une sportive car quand on se met à taquiner la pédale de droite, des légers louvoiements se font ressentir dans les longues courbes et virages. Ils sont dus au calibrage trop souple de la suspension et au poids élevé de l’auto. Même en mode Dynamique, ces phénomènes n’offrent pas la possibilité de rouler à vive allure. En revanche, la boîte Geartronic 8 est parfaitement étagée et aide à mouvoir la longue berline. En sortie de virage serré, les reprises sont nerveuses. Sur ce même type de routes à vitesse plus sage, le ressenti est le même que sur l’autoroute. La Volvo S90 est définitivement faite pour « cruiser »…

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Sur le plan des performances, la S90 D4 réalise le 0 à 100 km/h en 8,2 s et sa vitesse maximale est de 230 km/h. Les émissions de CO2 sont de 114 g/km, un chiffre qui va de pair avec le grand air venu des forêts suédoises tout comme les consommations ! Sur un parcours composé en majorité de nationales et départementales, nous avons relevé un excellent 7,4 l/100 km à la vue de notre conduite rythmée.

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Concernant la gamme S90, elle s’oriente en diesel autour des D3 (150 ch en boîte BM6 ou Geartronic 8), D4 (190 ch en boîte BVM6 ou Geartronic 8), D4 AWD Geartronic 8. La S90 D5 AWD Geartronic 8 de 235 ch chapeaute les choix en diesel. Cette version est équipée du dispositif Power Pulse qui joue le rôle de compresseur à bas régime pour le turbo. En essence, on trouve les T5 (254 ch Geartonic 8) et T6 AWD Geartronic 8 (320 ch). Plus tard, la S90 hybride T8 Twin Engine fera son apparition. Elle sera motorisée par le 2.0 l essence de 320 ch pour les roues avant. Un moteur électrique de 65 kW se chargeant des roues arrière. La puissance cumulée sera de 407 ch.

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En conclusion, la très sécuritaire Volvo S90 au style sobre et au confort exceptionnel est plus qu’une alternative aux allemandes et autres berlines grand luxe. Son desig saura séduire les grands rouleurs et les pères de famille aisés. De plus, et si on voit plus loin dans la comparaison avec les allemandes, la Volvo S90 est plus généreusement équipée. Elle s’offre à partir de 41 700 € (D3 BM6 Momentum) pour le modèle d’entrée de gamme et s’affiche jusqu’à 70 410 € (T6 AWD Geartronic 8 Inscription Luxe). Après notre essai en plein jour, voici la S90 de nuit en vidéo.

Texte, essai et photos : Frédéric Lagadec

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