Le groupe TotalEnergies tente de se sortir d’une pression politique et médiatique inédite en annonçant la prolongation du blocage des prix des carburants « tant que la crise au Moyen‑Orient durera ». Cette prise de position intervient alors que le baril dépasse les 125 $, que l’accès aux prix plafonnés reste strictement réservé aux stations du réseau TotalEnergies, et que les accusations de superprofits se multiplient, notamment depuis l’étude Greenpeace qui chiffre à 814 M€ par jour les surprofits engrangés par les compagnies pétrolières depuis le début de la crise. Dans un contexte où la situation régionale pourrait s’embraser selon la décision que Donald Trump doit prendre dans les prochaines heures, le groupe tente de reprendre la main en annonçant également une « opération spéciale prix unique » pour les ponts du mois de mai, avec un tarif fixé à 1,99 €/l pour l’essence et 2,09 €/l pour le diesel, appliqué partout en France.

Cette communication, liée à la prolongation du blocage des prix des carburants ,intervient au moment où TotalEnergies publie des résultats financiers qui relancent les critiques sur la redistribution des gains réalisés dans un marché sous tension. Le groupe a dévoilé un bénéfice trimestriel de 5,8 milliards de dollars, soit 4,96 milliards d’euros, en hausse de 51 % sur un an, des niveaux comparables à ceux observés au début de la guerre en Ukraine. Ces performances, jugées exceptionnelles, alimentent les débats sur la légitimité de ces marges dans un contexte où les ménages subissent de plein fouet la hausse des prix des carburants, et plus généralement de ceux de l’énergie. La récente étude publiée par Greenpeace met en avant que les majors pétrolières engrangent 814 M€ par jour de surprofits liés à la crise, renforce la pression sur le groupe TotalEnergies, accusé de profiter d’un marché déstabilisé par les tensions géopolitiques.

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Maud Bregeon, porte‑parole du gouvernement et ministre chargée de l’Énergie, salue dans Le Parisien, l’annonce du groupe tout en rappelant que « c’est un premier pas ». Elle insiste sur la nécessité pour TotalEnergies « de reconduire et de poursuivre ce plafond tant que la crise durera » et martèle qu’« il ne doit pas y avoir de profits exceptionnels sur le dos de la crise ». La veille, le Premier ministre Sébastien Lecornu évoquait déjà devant le Sénat la question d’une redistribution accrue, estimant que « s’il y a des résultats exceptionnels, ça pose la question d’une redistribution ». Ces déclarations illustrent la pression croissante exercée sur le groupe, sommé de justifier ses marges et de participer davantage à l’effort national pour contrer la hausse des prix des carburants.

Enfin, dans ce climat tendu, TotalEnergies, en décidant de prolonger le blocage des prix des carburants pour ses clients, tente de se positionner comme un acteur responsable en réaffirmant, comme Maud Bregeon le souhaite, que sa politique de plafonnement sera maintenue « tant que la crise au Moyen‑Orient durera ». Le groupe met en avant un dispositif censé amortir la hausse des prix pour les automobilistes, tout en cherchant à désamorcer les critiques sur ses performances financières. Mais la question centrale demeure : comment concilier une rentabilité record, alimentée par un marché sous tension, avec une exigence politique et sociale de modération tarifaire et de redistribution ? Alors que la situation géopolitique pourrait basculer à tout moment, la bataille autour des prix des carburants s’impose plus que jamais comme un enjeu économique, diplomatique et social majeur.

La rédaction

Photos : LesVoitures.com

Frédéric Martin
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