À Malemort, en Corrèze, les automobilistes ont découvert un drôle de dispositif en bord de route. Pas un nouveau radar automatique homologué par l’État, pas un contrôle mobile de la gendarmerie, mais des boîtiers factices installés directement par le maire. L’objectif est limpide : provoquer un réflexe de freinage immédiat et faire comprendre que la vitesse n’est plus tolérée sur les axes sensibles de la commune. Le procédé est simple, presque artisanal, mais redoutablement efficace. Les silhouettes rectangulaires, peintes dans un jaune vif qui rappelle les radars officiels, se repèrent de loin et déclenchent instantanément le même geste que n’importe quel radar certifié : un coup de frein sec, suivi d’un regard inquiet dans le rétroviseur. Cette pratique est-elle légale pour les maires ?

Le maire assume pleinement cette stratégie de dissuasion. Selon lui, la commune ne pouvait plus attendre l’installation hypothétique d’un vrai radar automatique, un processus long, coûteux et soumis à l’accord de l’État. Rappelons qu’à partir de 2027, les maires pourront financer directement leurs propres radars, si leur budget leur permet, et avec un accord préfectoral. À Malemort, les habitants se plaignaient de vitesses excessives, les riverains redoutaient les accidents, et les élus ont décidé de reprendre la main. Le faux radar devient alors un outil politique autant qu’un outil de prévention, une manière de rappeler que la sécurité routière ne dépend pas uniquement des grandes infrastructures nationales mais aussi de décisions locales, parfois audacieuses. Ces faux radars ont fait l’objet d’un reportage diffusé dans le journal de 13h00 de TF1.

Enfin, la méthode fait réagir. Certains applaudissent une initiative jugée pragmatique, économique et immédiatement visible. D’autres dénoncent une illusion de sécurité, un trompe‑l’œil qui pourrait banaliser l’usage de faux équipements et brouiller la frontière entre prévention et manipulation. Sur les réseaux sociaux, les images de ces faux radars ont déjà déclenché un débat national sur les limites de la pédagogie routière et sur le rôle des maires dans la gestion de la vitesse. Une chose est sûre : à Malemort, les conducteurs ne savent plus très bien s’ils risquent un flash ou non. Et c’est précisément ce que voulait le maire.

La rédaction

Photo : image d’illustration Lesvoitures.com

Frédéric Martin
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