La nouvelle Nissan Micra électrique n’est pas seulement la remplaçante d’un modèle historique. C’est la cousine technique directe de la Renault 5 E‑Tech electric, fruit de l’accord industriel de l’Alliance Renault‑Nissan‑Mitsubishi. Sous sa carrosserie toute en rondeur, la Micra partage sa plate‑forme, ses batteries dont la 52 kWh « Grande Autonomie » et l’essentiel de son architecture électrique avec la citadine française. Notre essai de consommation réelle, réalisé en conditions idéales et à 90 % en ville, permet de mesurer son efficacité énergétique dans la vie quotidienne.
Débutons notre test de consommation en parlant design. L’identité visuelle de la Nissan Micra tranche nettement avec celle de la Renault 5 électrique. Là où la française revendique des lignes tendues et graphiques, la Micra électrique assume un style tout en douceur.

La ligne de caisse haute dessine un creux marqué, comme si la carrosserie avait été sculptée par une spatule, un sillon qui s’étire depuis les projecteurs avant jusqu’aux ailes arrière. Les phares ronds, signature forte du modèle, évoquent davantage l’univers de la Renault Twingo et cette silhouette de petite grenouille urbaine que celui de la Renault 5. Une personnalité à part, immédiatement identifiable.

À bord de la Nissan Micra, impossible de ne pas reconnaître l’ADN Renault. La planche de bord, l’ergonomie, les écrans, les commandes et l’interface sont strictement identiques à ceux de la Renault 5 électrique. Seuls les logos et quelques textures diffèrent. L’ensemble reste moderne, bien construit et parfaitement adapté à un usage urbain. La finition « Advance » de notre modèle d’essai offre un niveau d’équipement cohérent avec le positionnement de la Micra dans la gamme électrique de l’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi.

Sur le plan technique, la Nissan Micra électrique reprend l’intégralité de la base de la Renault 5 E‑Tech electric. Elle repose sur la plate‑forme « AmpR Small » et embarque la batterie 52 kWh « Grande Autonomie » associée à un moteur électrique de 110 kW/150 ch (version de notre essai), ou celle de 40 kWh « Autonomie standard », entraînant les roues avant. Précisons que, comme pour la Renault 5 électrique, la Micra est donc aussi proposée avec une petite batterie (40 kWh) avec un moteur de 90 kW/122 ch.

L’ensemble annonce une autonomie théorique proche de celle de la Renault 5, avec une gestion énergétique identique et un système de recharge AC jusqu’à 11 kW et DC jusqu’à 80 kW selon les versions. Cette architecture commune garantit des performances similaires, une réactivité adaptée à la ville et une efficience qui se confirme dans notre essai. Sur le papier en WLTP, la Nissan Micra 110 kW/150 ch – 52 kWh affiche jusqu’à 416 km d’autonomie.

Notre essai a été réalisé sur une semaine, à 90 % en ville, dans des conditions estivales idéales pour le rendement d’une batterie lithium‑ion, en utilisant le mode de conduite « Comfort ». La conduite s’est faite au rythme naturel de la circulation, sans écoconduite volontaire, sans mode spécifique visant à réduire la consommation. L’objectif était de reproduire le comportement d’un conducteur urbain classique, ni pressé ni obsédé par l’optimisation énergétique.

La Nissan Micra électrique équipée de la batterie de 52 kWh « Grande Autonomie » a affiché, au terme de notre test, une consommation moyenne de 11,3 kWh/100 km. Un résultat excellent, parfaitement cohérent avec la configuration de l’essai et la nature même du modèle. Cette valeur confirme que la plate‑forme commune Renault‑Nissan est particulièrement efficiente en milieu urbain, où la récupération d’énergie et les faibles vitesses maximisent le rendement du moteur électrique. En autonomie réelle, cela donne 460,17 km, sans prendre en compte la capacité utile.

Lors de notre essai, la Nissan Micra électrique s’est révélée sans surprise parfaitement adaptée à la ville, exactement comme sa cousine Renault 5 électrique dont elle reprend l’architecture. Son gabarit compact, sa direction douce et précise, son rayon de braquage court et la progressivité de son moteur en font une citadine instinctive, facile à placer et immédiatement agréable à conduire.

La suspension filtre très bien les irrégularités urbaines, offrant un confort supérieur à la moyenne du segment, tandis que l’insonorisation soignée renforce cette sensation de douceur. La Nissan Micra donne l’impression de flotter dans la circulation, toujours simple à manier, toujours sereine, toujours cohérente avec son terrain de jeu naturel. Une voiture pensée pour la ville, qui s’y exprime avec une aisance évidente.

La nouvelle génération de conducteurs, qui n’a pas connu la Renault 5 originelle, pourrait bien se tourner naturellement vers la Micra. Son style rond, doux et presque attachant s’oppose frontalement aux lignes tendues et rétro‑futuristes de la Renault 5 électrique. Comme toujours, les goûts et les couleurs ne se discutent pas. Certains préféreront l’audace graphique de la française, d’autres la douceur rassurante et les volumes de la japonaise. L’essentiel est ailleurs.

Enfin, au‑delà du duel esthétique, la grande gagnante de ce duo Micra–Renault 5 est la démocratisation de la voiture électrique. Deux modèles techniquement identiques, complémentaires dans leur style et accessibles dans leur philosophie, qui permettent à un public plus large de franchir le pas. La Nissan Micra électrique prouve qu’une citadine zéro émission peut être efficace, agréable et sobre au quotidien. Une bonne nouvelle pour l’Alliance, et surtout pour les conducteurs. La Nissan Micra s’offre à partir de 28 000 €, hors prime « coup de pouce Véhicules particuliers électriques ». Notre modèle d’essai « Advance » avec la batterie de 52 kWh s’affiche à partir de 33 500 €. Dans quelques jours, dans le cadre du leasing social, la Micra« Advance » sera accessible, selon conditions, à partir de 199 €/mois (sans apport client après déduction de 7 000 € de subvention via les CEE).
Texte et essai : Frédéric Lagadec
Photos : LesVoitures.com

